La Gaspésie sous la pluie : quand l’aventure continue malgré les nuages
Tous les Québécois rencontrés nous ont parlé de la Gaspésie et de sa beauté, nous nous devions d’aller admirer cette partie du Québec. Donc, au moment où nous nous questionnons sur la suite à donner à notre road trip, la Gaspésie s’impose.
La Gaspésie est située à l’est du Québec, bordée par le fleuve Saint-Laurent et le golfe du même nom. Elle est connue pour ses paysages spectaculaires, ses montagnes, ses côtes et son parc national. Décrite comme une destination idéale pour les amoureux de la nature et du plein air. Nous avons hâte de la découvrir, mais c’était sans compter sur la pluie qui nous a accompagné tout le long.
Le ferry
Depuis ce matin, nous nous questionnons sur la suite de ce voyage, où, combien de temps. La Mauricie et la Gaspésie, nous intéressent, le brocanteur nous a parlé de la Gaspésie comme bien des Québécois, comme un lieu incontournable à visiter au Canada.
Alors, en discutant, nous finissons par choisir cette destination et de la rejoindre en ferry. Nous revenons en arrière à Saint-Siméon, sans rien préparer, nous nous rendons au quai d’embarquement. Après un demi-tour car on s’est trompé de voie, un homme nous tend un papier avec le type de véhicule et le nombre de personnes inscrits dessus et nous indique une file d’attente où nous garer. A peine quelques minutes plus tard, nous serons à bord d’un ferry qui va nous emmener en une heure de l’autre côté du Saint-Laurent.
Une fois à bord du bateau, nous montons sur le pont et sortons afin de pouvoir contempler les paysages. Étant la seule à avoir pris un pull, je vais rapidement le donner à Bella, le vent est froid. Nous regardons le fleuve et l’île aux Lièvres que nous contournons. Le soleil se reflète sur l’eau, c’est beau. À l’affût, nous regardons la surface de l’eau avec l’espoir de voir des bélugas. C’est le cri plein de joie d’une femme qui va nous alerter.
Nous allons vers elle et un homme nous indique une tache blanche à la surface de l’eau. Ils sont loin, mais bien visibles, nous les regardons avec joie. Nous en verrons encore deux autres, c’est génial.

Cela compense un peu le prix trop élevé de la traversée. C’est au petit magasin à l’intérieur du bateau que nous devons payer. Nous attendons que la file d’attente diminue pour nous acquitter du prix du billet.
Nous débarquons au port de la ville de Rivière-du-Loup, nous la traversons puis empruntons la route des Navigateurs. Elle nous mène en Gaspésie et longe le fleuve, nous faisant admirer de très belles et très grandes maisons.

Rimouski
Nous nous rendons à Rimouski, mais cela sera seulement pour le spot dodo. Il se situe sur un grand parking entouré d’arbres. À côté, il y a une place de jeux, comme un accrobranche mais au ras du sol. Avec Bella, nous faisons le tracé, un moment de jeux et de joie.
Arrivés vers 16h, nous restons autour du van et mangeons vers 18h, à l’intérieur. Comme c’est un parking, on ne s’étale pas avec table et chaises.
Les moustiques sont nombreux et malgré la moustiquaire sur la porte latérale, ils tentent de se régaler. Nous testons notre nouveau produit, en plus d’être très efficace, il sent bon, c’est parfait. Pour offrir à notre corps une bonne digestion et à nos yeux, un beau spectacle, nous allons marcher une heure dans la forêt. Au bout de la balade, nous avons une vue dégagée sur le Saint-Laurent. Nous observons les oiseaux et discutons avec une femme installée au Canada depuis quelques années.

La route 132
La route 132 est une grande route du Québec de près de 885 km, qui longe en grande partie le fleuve Saint-Laurent. En Gaspésie, elle est connue parce qu’elle fait pratiquement le tour de la péninsule. C’est la route touristique qui va nous mener à travers les villages côtiers et nous offrir de beaux paysages.

Lieu historique du Phare-de-Pointe-au-Père
Notre première visite sera au site historique maritime de la Pointe-au-Père. Depuis le parking, nous admirons le sous-marin, puis nous nous déplaçons et laissons le van sur le deuxième parking, à pied, nous allons admirer le phare, il est grand et majestueux. Il date de 1909 et est le deuxième plus grand du Québec.

Dans la cabane à côté, Bella va voir deux employés pour voir si l’on offre des autocollants. Ce n’est pas le cas, mais elle ressort avec un collier, puis elle ira rechercher le poster proposé, car comme il s’agit de plusieurs petites images, elle va pouvoir les découper et les coller dans son carnet de souvenirs.
Nous admirons aussi la plus grande chaise en bois du Québec, d’après le panneau, c’est vrai qu’elle est énorme. De retour sur la route, nous continuons notre découverte de la Gaspésie sous un ciel gris et bas.

Sainte-Flavie et le centre d’art Marcel Gagnon
À Sainte-Flavie, nous commençons notre découverte de la Gaspésie, car la ville en est la porte d’entrée. C’est une localité d’art, de villégiature et d’histoire.
Nous nous garons devant le centre d’art Marcel Gagnon. En 1984, l’artiste peintre, sculpteur et écrivain transforme un chalet et en fait un café et une galerie d’art.
Nous marchons dans l’oeuvre « Le Grand Rassemblement » pour admirer, ou au moins tenter de comprendre, le sens des 80 statues. Elles sortent de la mer, montent sur la petite plage et se rejoignent devant une d’elles, mise sur un promontoire.

Leurs visages, comme leur procession, sont particuliers. C’est surtout le fait qu’elles sortent de la mer qui me plaît alors je tente de faire des photos sympas, mais je reste perturbé par leurs expressions.

Matane et l’ascenseur à saumons
Dans la ville suivante, Matane, nous nous arrêtons sur le parking du poste d’observation des saumons. Devant un parcomètre qui me recrache toute ma monnaie, je tente de comprendre pourquoi cela ne fonctionne pas. Un homme s’approche et m’explique qu’il est inscrit sur le panneau que le parking est payant à partir de demain, car c’est la date à laquelle ouvre le centre d’observation.
Il va nous falloir quelques secondes pour réaliser que cela veut dire que nous ne verrons pas l’ascenseur à saumons. Voyant notre déception, il nous propose de le suivre, il nous dit que ce n’est pas son métier, mais nous guide derrière le bâtiment.
Quelques marches nous conduisent au bord du fleuve, il nous explique qu’il a beaucoup plu ces derniers temps. Cela implique qu’il y a trop d’eau pour qu’il y ait des saumons, dommage. Mais il nous montre quand même comment apercevoir un bout de l’ascenseur par la fenêtre.
Nous pouvons y observer d’autres sortes de poissons, ce qui nous rend quand même tout heureux. Sur son portable, il nous montre des vidéos qu’il a pu faire d’autres années, il semble venir souvent ici.

Au moment où il nous quitte, il me demande si nous sommes allés en Thaïlande. La question vient du fait que je porte un pantalon thaï. Je lui réponds que oui, nous sommes des habitués. Il me répond qu’il y est allé 10 fois et que, pour cela, il doit faire 25 heures d’avion. Il faut être motivés pour y aller 10 fois.
Il nous laisse et nous souhaite un bon voyage. Il nous indique un lieu gratuit en ville pour dormir, une belle rencontre. Nous marchons encore un peu, regardant la partie extérieure de l’ascenseur et le fleuve.
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Cap-Chat et son phare
Nous reprenons la route et roulons un moment afin de rejoindre le Cap-Chat, cela nous conduit à l’entrée d’un camping. En effet, situé sur un terrain de camping, l’espace est aménagé, mais nous pouvons juste aller admirer le rocher en forme de chat et le phare.
Construit en 1871, le phare servait à guider les navires qui naviguaient sur le Saint-Laurent. Il est reconnaissable à sa tour blanche à lanterne rouge.
Le camping est joliment construit, les emplacements au pied du phare, entre falaise et mer, nous donnent envie de nous poser et cela pour toujours… Mais il annonce de la pluie demain, alors payer ne vaut pas la peine, nous n’en profiterons pas assez. De plus, les emplacements sont réservés. Nous reprenons la route après avoir rêvé un moment.

Mont-Saint-Pierre
En ville, nous faisons un arrêt pour acheter de la bière, à notre sortie, il pleut à nouveau fort. Alors, on reprend la route et avançons encore et toujours, pour tenter de nous en éloigner. La route longe la côte, entre les falaises et l’eau, c’est beau. Ce ciel gris et la pluie créent une atmosphère bien particulière, mais nous avons envie qu’elle cesse. Car nous ne pouvons pas nous arrêter pour visiter et c’est bien dommage.
Ce lieu est connu pour le vol libre en deltaplane et parapente et ses monts abrupts culminants à plus de 400 mètres. Nous les admirons à travers un rideau de pluie, lors d’une courte pause dans le village.

La halte routière de Grande Vallée
Une accalmie nous permet d’admirer la côte depuis cette halte routière et de nous dégourdir les jambes.

Le parc national Forillon
Nous entrons dans le parc national Forillon, l’entrée est gratuite pour les parcs gérés par le pays depuis le 19 juin, c’est top, nous apprécions. Le parc, d’une surface de 245 km², couvre une partie des montagnes des Appalaches.
Il protège une partie de la région naturelle des monts Notre-Dame ainsi que les milieux marins du golfe du Saint-Laurent. Il protège aussi l’histoire humaine de la péninsule, incluant les sites de pêche côtiers d’autrefois, les phares et le patrimoine des anciennes communautés maritimes.
Cap-des-Rosiers
Notre premier arrêt, malgré le ciel gris, nous admirons le phare datant de 1858. Il est le plus haut phare du Canada, et a été une aide côtière majeure pour le transport maritime vers l’estuaire du Saint-Laurent, depuis le golfe.
Cap-bon-Ami
Nous roulons jusqu’au parking du Cap-bon-Ami, à peine sortis du van, deux couples de Québécois nous abordent. Ils aiment le van et le voyage, nous passons un moment à discuter avec eux, c’est un chouette partage.
Nous marchons un peu pour rejoindre un promontoire, la vue sur les falaises de calcaire est magnifique. En contrebas, une plage de galets émerge de la brume. Nous observons les oiseaux, des fous Bassan, qui s’approchent des falaises et s’y accrochent, leurs nids sont installés dans la roche.

L’Anse-des-Amérindiens
Nous remontons dans le van et prenons la direction de la partie sud du parc. Nous roulons jusqu’au bout de la route, à l’Anse-des-Amérindiens, une plage rocheuse d’où part le sentier menant au phare de Cap-Gaspé. Nous contemplons la vue puis revenons en arrière tout en faisant des arrêts.

L’Anse-Blanchette
Un arrêt pour manger, debout face à la mer, puis à l’Anse-Blanchette. Un lieu qui nous plonge dans la vie des pêcheurs-cultivateurs du 20e siècle. Nous y visitons une ancienne maison, une femme nous donnera plein d’explications sur la vie que menait la famille vivant ici sur plusieurs générations, c’est très intéressant.
Alors que nous parcourons le jardin et les dépendances, j’entends Najib qui tente de me dire quelque chose. Il bredouille, mais l’intonation de sa voix, me fait tourner la tête vers la mer. Je verrai que la surface de l’eau bouger, mais lui a vu un rorqual, incroyable.

Penouille – La Taïga
À Penouille, nous allons au centre d’observation et complétons notre collection d’autocollants pour le van. Nous admirons La Taïga, une presqu’île avec une plage magnifique, il y a énormément de bois flotté, c’est impressionnant. Ici se développe une forêt de taïga, unique au niveau de la mer, et s’y trouve un marais salé riche en biodiversité.

Parc municipal Rivière d’Émeraude
L’arrêt suivant sera pour la rivière d’Émeraude, à l’entrée du parking, un homme nous accueille depuis sa cahute. Il remarque nos plaques et nous dit être français, nous payons l’entrée et il nous indique comment nous rendre à la chute d’eau.
La marche n’est pas très longue, une volée d’escaliers en bois et nous parvenons au-dessus de la chute. Nous l’admirons entre les arbres, puis avec Bella nous descendons encore un peu pour rejoindre la rivière. Le lieu est beau et la couleur de l’eau particulière, mais pas assez spectaculaire pour mériter de devoir payer…

Percé et son rocher
La route nous conduit jusqu’à Percé afin d’admirer un énorme rocher placé là dans l’eau, proche de la côte. Ce monolithe de calcaire mesure 20 mètres de haut, il est vrai qu’il est beau, même sous ce ciel gris.
Juste à côté de lui, nous pouvons admirer l’île Bonaventure qui abrite une colonie de plus de 110 000 fous de Bassan.
Ici, le vent est fort et froid. Ce froid va nous pousser à rouler encore, car nous n’avons pas envie de dormir avec ce vent.

Gascons-Est et les terres de la Couronne
Le van avale les kilomètres, nous finissons par nous arrêter sur des terres de la Couronne, vers Gascons-Est. Ce qui est bien, c’est que l’on sait que nous pouvons dormir là et que personne ne viendra dire quoi que ce soit. Alors, on s’installe tranquillement, proche de l’eau.
Il y a déjà un van présent et un homme qui semble vivre là. Étant à l’abri du vent, Najib peut cuisiner tranquillement, comme il est déjà 18h30 à notre arrivée, il fera rapidement à manger. Installés à l’intérieur du van, nous passons la soirée au calme, elle sera suivie par une nuit paisible.
Au petit matin, nous prenons tout le nécessaire pour le petit déjeuner et allons nous installer sur le rocher face à la mer. Tout en regardant les bateaux de pêche, nous buvons notre café et profitons du calme. Un petit vent froid nous poussera à redescendre.

Fin de la route de la Gaspésie
10 h, nous quittons le spot et retrouvons la route afin de finir le tour de la Gaspésie. Cette journée sera celle où nous roulons le plus, 6 h. Nous en avons un peu marre de cette météo et avons envie de passer à autre chose.
Mon endroit coup de cœur – Le Cap-Chat
Pour son phare, bien sûr, je les aime tellement, mais aussi pour le cadre. J’ai trouvé ce lieu beau et apaisant, il m’a donné envie de m’arrêter et de contempler les vagues qui se fracassent sur les falaises. Juste rester là, à profiter de la nature.
Cette traversée de la Gaspésie n’a ressemblé à rien de ce que nous avions imaginé. La pluie a changé les paysages vus sur les photos, et leur a donné une autre dimension que j’ai beaucoup aimé. Elle a aussi été un défi, car nous avons été attristés de ne pas pouvoir tout visiter comme nous le souhaitions. C’est aussi cela, le voyage : savoir s’adapter à la météo et profiter quand même des lieux.

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