Road trip de 3 jours à Majorque: de Palma au Cap Formentor
Automne 2023, nous avons une semaine de vacances, l’envie de bivouaquer, nous pousse à partir, mais en cette période fraîche, seul le sud peut nous offrir un peu de chaleur et nous l’avons déjà bien parcouru. Après quelques jours de réflexion, mon mari me dit « et pourquoi pas Majorque ? il y a plusieurs coins que je souhaite te faire découvrir »
Il a fait un voyage père-fille, en début d’année sur l’île. Un tour sur le site de Balearia, quelques clics et le billet de bateau est acheté, c’est parti pour un road trip à Majorque.
Majorque est la plus grande île des Baléares composé également de Minorque, Ibiza, Formentera et Cabrera. Située en mer Méditerranée, au large de Barcelone. De par son emplacement, elle a été un point stratégique, voyant défiler de nombreuses populations et cultures, créant un bagage culturel riche.
Avec ses 550 km de côtes et plus de 300 plages, le tourisme est sa principale source de revenus. Le premier attrait de l’île est la Serra Tramuntana, la chaine de montagnes, connue pour ses falaises et ses gorges, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Comment se rendre sur l’île avec un van
L’allée de Barcelone à Majorque de nuit :
Nous rejoignons le port et le bâtiment d’où nous devons partir, un homme scanne nos billets et nous demande de nous placer à la suite de deux grands véhicules. Nous ne passons pas dans le parking où les voitures sont garées, prêtes au départ, en raison de la hauteur de notre véhicule, alors nous restons en arrière. L’attente commence et elle sera longue, mais ce n’est pas grave car nous nous occupons.
Notre colonne de véhicules est la dernière à monter sur le bateau, après une marche arrière, nous nous retrouvons devant les camions et serons donc dans les premiers à sortir à cet étage. Nous prenons nos affaires et quittons le pont, un employé nous montre la direction de l’ascenseur et les étages qui nous concernent. Tout est nouveau dans cette expérience, nous avons déjà pris le bateau et même avec le van, mais jamais pour autant d’heures. Najib a réservé une cabine comme nous faisons le trajet de nuit cela va nous permettre de dormir, nous la découvrons petite et fonctionnelle, avec possibilité de dormir à quatre.

Nous sortons afin de pouvoir voir le bateau quitter le port. Debout à l’avant, nous patientons mais bien que ce soit l’heure de départ indiquée sur le billet, le bateau ne bouge toujours pas. Il fait nuit et froid et il est tard, alors nous rentrons afin d’aller souper.
A la cantine, nous réalisons que la grande majorité des passagers sont des routiers et ils ont l’air ravis de leur repas, alors nous nous insérons dans la file d’attente avec enthousiasme.
Il existe deux sortes de menus, un à 11,50 euros avec un plat et un dessert et un à 15,50 euros avec deux assiettes plus un dessert, l’armoire à dessert est pratiquement vide et rien ne nous plaît, alors nous avançons. Dans le premier plats, il y a au choix, des pâtes dont l’aspect est moyen ou de la soupe, je choisis les pâtes et quand Bella voit mon assiette elle décide de prendre de la soupe. Mais quand le serveur me tend l’assiette et que je découvre qu’elle est aux tripes, je conseille à Bella de prendre une deuxième assiette comme son père. Ils prendront une assiette de viande coupée en lamelles et des pommes de terre en quartiers.
Assis à une des tables, alors que le bateau se met en mouvement, nous tentons de manger nos assiettes, mais cela est tout simplement mauvais… pour 40 euros, nous profitons surtout de nos boissons. Bon c’est ainsi, nous savons maintenant que pour le retour nous devons prendre à manger. De retour sur le pont, nous regardons le port s’éloigner et la mer s’étendre à l’infini devant nous. De retour dans notre cabine, nous profitons de la dernière douche classique du voyage. A 23h30, nous nous couchons pour une nuit agréable, bercés, parfois fortement par les vagues.

Durant la nuit, je me réveille parfois, je ressens les vagues qui nous balancent, la pluie qui tambourine sur le hublot, cela me surprend mais j’apprécie. A 4h55, cela toque à la porte et une voix de femme dit quelques mots en espagnol, je n’ai pas compris mais je sais que cela implique que nous devons nous lever.
Nous aidons Bella qui peine à émerger. Une fois habillés, ne sachant pas comment cela se passe, nous nous dirigeons vers le van, il est 5h20, un homme dira à Najib que nous débarquons dans 40 minutes. Nous aurions le temps d’aller chercher un café, car nous voyons des gens avec des gobelets, mais l’expérience de la veille ne me donne pas envie.

Bella s’installe sur son lit et se rendort, j’ouvre mon livre et nous patientons. Je suis ravie car une fois assise dans le van, je ressens moins les mouvements du bateau car debout c’était difficile. A 6h15, les véhicules devant nous se mettent en mouvement, nous les suivons. Dans la nuit nous faisons partie des premiers à sortir et nous voilà sur l’île de Majorque.
Le retour de Majorque à Barcelone de jour :
Sur la route pour rejoindre le port situé au centre de Palma, nous faisons un arrêt à Aldi afin d’acheter un pique-nique pour le repas de midi dans le bateau, cela sera plus simple et surtout meilleur que le restaurant.
En raison des nombreux travaux en cours, il nous sera un peu compliqué de trouver d’où nous partons. Après avoir un peu tourné en rond et fait des demi-tours sur route, nous arrivons au même endroit où nous avons débarqué, mais on se retrouve à l’arrière d’une grande file d’attente mais il y a deux voies alors on se dit qu’il est plus simple d’aller demander si nous sommes au bon endroit puis faire la queue. C’est ainsi que nous passons devant tout le monde pour réaliser qu’il y a une seule voie et un seul homme qui pourrait nous répondre, alors on se faufile sous les cris d’une femme.
Le douanier est assis dans une cabine, Najib tend son smartphone et lui dit Palma, le douanier sourit, Najib comprend son erreur faite sous la pression, il sourit aussi et dit Barcelone, l’homme hoche la tête et ouvre la barrière. Nous roulons le long du mur du port et arrivons jusqu’à notre bateau indiqué par un panneau, un homme scanne nos tickets et nous place dans la file des bus.

10h10, l’attente commence, Bella s’installe sur son lit, nous sortons faire quelques pas et regarder l’énorme bateau de croisière qui est à côté de nous. Une canette de coca à la main nous regardons les camions monter sur le bateau et patientons. Cette attente me paraîtra courte, c’est agréable. A notre tour, nous montons sur ce gros bateau et on se parque en marche arrière, au même endroit qu’à l’aller. Nous prenons nos affaires et montons à l’étage, une femme fait le tri et nous met des bracelets. Najib me dit avoir payé un peu plus pour des fauteuils plus confortables.
Nous découvrons l’espace à côté du restaurant, et nous nous asseyons au milieu d’autres personnes. Nous nous installons comme nous pouvons et l’attente commence alors que le bateau ne bouge pas encore, finalement avec Bella nous allons sur le pont afin de voir le départ, prévu à 11h30. Il nous faudra patienter. Nous regardons les hommes s’activer sur le pont en dessous de nous. Quand ils commencent à remonter les amarres, nous nous plaçons à l’avant afin de voir les manœuvres qui vont permettre au bateau de s’éloigner du port, de le contourner puis se lancer dans la mer.
Il est 11h50 quand le voyage de 8h commence, je retourne à l’intérieur afin de permettre à Najib d’aller lui aussi admirer le départ et l’île qui s’éloigne. De retour aux fauteuils nous nous occupons, la faim nous donne envie de manger mais nous attendons 13h30 que le restaurant ouvre pour nous installer à une table.

Nos estomacs un peu remplis mais pas trop nous posons le sac de nourriture vers nos sièges et sortons sur le pont afin de prendre l’air. Au milieu de la ligne dessinée par la mer, l’île se profile. Sur l’avant du pont, le vent est fort et nous pousse, nous jouons avec lui, prenant photos et vidéo, pendant que l’on s’amuse le bateau dépasse l’île qui s’éloigne au loin. Cela sera un moment très drôle et qui occupera le temps.
Nous retournons nous asseoir, Najib regarde un film, Bella joue à la switch et moi je lis, mais comme ma fille, mon estomac bouge avec le bateau, rendant la lecture compliquée. Nous fermons les yeux mais impossible de s’endormir. Accompagnée de ma fille, nous ressortons sur le pont, l’air frais nous fait du bien même s’il nous est difficile de garder l’équilibre, ballottées par les mouvements du bateau.
Au fil des heures, nos corps s’habituent aux mouvements et je prends plaisir à ce voyage, de plus je lis beaucoup cela me plait. Un homme s’endort, il ronfle très fort, ce qui finit par nous déranger, alors nous sortons de l’espace des sièges pour nous rendre au fond du bateau dans l’espace bar, de nombreux fauteuils et tables en verre nous offrent un espace confortable.

Le temps passe, l’ennui s’installe pour Najib et Bella, alors je propose de faire les devoirs, cela va nous occuper un moment et cela fait de l’avance, car Bella bien concentrée avance vite. Je trouverai même une prise pour charger la batterie de mon appareil photo, cela me soulage car elle était au bout. Derrière les vitres, le ciel se teinte, le soleil se rapproche de l’eau créant un jeu de lumières qui me plaît, de plus à l’horizon se dessinent les grues du port, nous sommes bientôt arrivés.

Nous regroupons nos affaires, prêts à descendre dès que nous le pouvons. Il nous faudra un peu de temps pour retrouver notre van, car nous sommes descendus du mauvais côté et derrière ces énormes camions, c’est difficile de repérer notre véhicule. Nous comprenons que nous sommes au bon étage mais qu’il faut nous rendre de l’autre côté du pont, mais une fois assis dans le van, il nous faudra patienter encore un peu. La nuit s’est installée quand les roues retrouvent la terre ferme, nous suivons le flot de véhicules et quittons le port.
Achat des billets: https://www.balearia.com/

Que visiter en trois jours ?
Sites
Cap Formentor
10h15, nous retrouvons la route avec comme destination le cap Formentor, situé de l’autre côté de l’île sur une étroite péninsule de 12 km de long sur 3 km de large. Il est le point le plus septentrional de l’île, à 200 m au-dessus de la mer.
Au début, ce sont de grandes routes avec de la circulation puis elles deviennent plus étroites et serpentent entre les roches ou même accrochées aux falaises. Autour de nous, nous pouvons admirer des pins et les reflets à la surface de la mer. Je savoure les paysages, c’est si beau, le soleil brille à travers les pins, leur odeur est délicieuse, la route nous permet d’admirer la mer parfois de haut. Je comprends pourquoi cet environnement est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La route nous mène jusqu’au phare, où elle s’arrête sur un parking. Nous devons faire la queue, car les places sont limitées et il y a beaucoup de monde. Najib patiente, mais la joie de découvrir plus me pousse à descendre du van, je rejoins la terrasse située au pied du phare, d’où la vue sur la pointe et l’île est juste incroyable.
Le vent nous pousse et emmêle nos cheveux, je suis si heureuse d’être là à contempler la nature. J’aime particulièrement cet environnement : les falaises, la mer, les pins, et le vent qui souffle librement. Ces lieux me fascinent et me remplissent d’émerveillement.

Najib finit par pouvoir se parquer, un peu de travers, comme on peut au milieu des voitures des touristes qui, comme nous, souhaitent découvrir la pointe de l’île, le lieu que je trouverai le plus beau. Nous montons sur la terrasse du phare, le vent nous pousse à ne pas s’attarder car il nous déstabilise et demande de l’énergie pour rester debout. Un tour aux toilettes du phare qui propose une pause-café, mais nous ne souhaitons pas s’attarder au milieu des gens alors nous rejoignons le van.
A l’abri du vent, nous reprenons la route en sens inverse, à plusieurs endroits, il y a sur le bas-côté un petit espace permettant de s’arrêter et d’admirer la vue, mais ces espaces sont petits et souvent pleins.

Sur l’un d’eux, nous parvenons à nous arrêter alors nous allons en profiter pour marcher dans cette nature incroyable et la photographier, nous prendrons aussi des photos drôles avec nos cheveux qui volent dans tous les sens. La mer se fracasse sur les falaises, avec le vent nous ne pouvons entendre son chant, mais la vue de si haut est déjà impressionnante.

Mirador de Es Colomer
La route passe devant une structure construite sur les crêts des rochers, nous permettant d’avoir une vue incroyable, Najib et Bella sont venus en février, il me conseille d’y aller mais restera au volant car une nouvelle fois le parking est minuscule.
Avec Bella nous regardons la chèvre qui met sa tête dans le frigo à glace du magasin construit à l’entrée du lieu puis nous pressons le pas car le ciel se décide à laisser la pluie nous tremper. J’hésite un court instant mais Bella veut absolument me montrer le lieu et les cadenas accrochés aux barrières, alors je me dis qu’au pire on se changera dans le van.

Sous de grosses gouttes, nous marchons jusqu’au bout du belvédère, l’appareil photo caché sous le t-shirt. Les nuages noirs donnent au paysage des couleurs que j’aime. Nous contemplons les rochers, la mer et la pluie, j’aime tellement. Debout dans le vent, je saisis pourquoi ce lieu est réputé comme le plus beau point de vue de l’île, c’est splendide. Puis, d’un pas rapide, nous retrouvons notre maison sur roues.

Villes
Palma
Mercat d’El Olivar
Il est 6h15, lorsque nous débarquons sur l’île de Majorque. Il est tôt, peu d’endroits sont ouverts et visiter la ville de nuit, ne nous tente pas, alors nous roulons à travers Palma pour nous rendre au plus grand marché couvert, situé dans le centre historique. Il ouvre à 7h, mais vu le temps que cela nous prend pour trouver une place de parking, nous serons juste avant 7h devant le marché. De plus nous réveillons Bella et il lui faudra un peu de temps pour comprendre où nous sommes.

Comme il ouvre à peine, peu d’étals sont installés, les gens sont en train de poser leurs marchandises. Nous commençons par nous asseoir sur des tabourets hauts, le temps de boire un café puis nous parcourons ce lieu typique, ouvert en 1951. Notre seul achat sera des champignons car ils nous font trop envie, mais il n’y a pas de prix affichés. Cela nous freine, car tout semble cher mais nous le découvrons uniquement au moment de payer, cela ne nous donne pas envie.

Après avoir admiré les étals au point de nous donner faim, nous quittons le lieu vers 8h, le jour s’installe à peine.
Palais Royal de l’Almudaina et la Cathédrale
Nous revenons à Palma, à nouveau il nous faudra tourner pour trouver une place de parking. Une fois cela fait, nous sommes assez près de la cathédrale, nommée « la Seu ». Nous la rejoignons, elle est énorme et surplombe la mer. Nous montons les escaliers pour être à ses pieds, l’emplacement en bord de mer est magnifique.

Ici, il y a bien plus de monde, alors pour fuir la foule, nous entrons dans le Palais royal de l’Almudaina pour le visiter. Une fois le billet payé, nous parcourons le bâtiment, découvrant le lieu où vivaient les rois. L’endroit est beau et très bien entretenu. Ce sont surtout les terrasses qui nous plaisent et la vue sur la mer et les environs.

Depuis la cour, la vue sur la cathédrale est superbe. Une fois sortis du palais, nous marchons dans les rues, c’est joli mais il y a trop de monde, nous préférons fuir la foule car nous en avons déjà pris plein les yeux.

Alcùdia
Sur le trajet, nous passons dans la ville d’Alcudia, une des plus anciennes villes de l’île. Elle nous donne envie de nous arrêter, nous parcourons ses jolies ruelles, contemplant son architecture, héritage historique.

Un marché a attiré beaucoup de monde, mais en marchant dans les rues parallèles, il y a peu de gens, nous achetons quelques cartes postales dans une petite boutique.

Stoller
Vers 10h, après avoir rangé nos affaires, nous nous mettons en route. La route continue de serpenter entre les roches et nous conduit à la ville de Stöller, un des plus beaux villages de l’île. Entourée d’orangers, la ville a prospéré grâce à leur culture.

Nous nous garons facilement pour une fois et marchons jusqu’au port. Installée au sein d’une crique, cette petite ville est belle, nous regardons les wagons en bois du tram puis marchons dans la marina.
Assit sur un banc nous réfléchissons à la suite de la journée et prenons conscience que bien que l’endroit soit sympa nous n’avons pas envie de visiter plus, alors nous retournons au van.

Magaluf
Malgré le peu de réseau, Najib tente de trouver un restaurant pour ce soir. Une fois qu’il en a sélectionné un, nous nous mettons en route pour la station balnéaire de Magaluf. Nous roulons un peu, mais nous sommes proche de la ville et trouvons une place rapidement car c’est une ville qui est prise d’assaut uniquement en haute saison.

Il est 17h50, nous marchons pour rejoindre la plage et découvrir ce lieu dont nous avons souvent entendu parler comme lieu de fêtes au soleil, en effet, il y a des restaurants, bars, karaoké, laps dance partout, beaucoup sont fermer.
La plage est une bande de sable entourée de bâtiments, le sable est envahi par les chaises longues et les parasols. Nous choisissons une des terrasses, à l’entrée de celle-ci, un serveur nous accueille et nous place. Une bière, une sangria dans un lieu connu mais désert. La seule raison de notre présence est la longue liste de restaurants. Mais cet apéro sera un chouette moment dans un cadre moderne et permettant à notre enfant de jouer dans le sable pendant que nous papotons.

Plages
Platja de Sant Pere
Nous rejoignons la Platja de Sant Pere. Garés dans une des petites ruelles du quartier de villas de luxe, nous marchons jusqu’à la plage. Elle est belle, les couleurs de l’eau et les rochers offrent un beau spectacle.

Je m’assieds sur un rocher pour écrire pendant que Bella se jette dans l’eau fraîche. Son papa la rejoindra rapidement avec son short, vu qu’il n’a pas mis son maillot. Ils profitent de l’eau salée mais sortiront assez rapidement, de retour au van, ils se rincent avec la douche, c’est pratique.
Platja Cala Figuera
Nous rejoignions la plage Cala Figuera, située en face d’un charmant village de pêcheurs. Nous laissons le van sur le petit parking et rejoignons la plage. Entourée par les falaises, un restaurant placé sur un côté, le sable est couvert d’algues.
Nous la contournons et grimpons sur les rochers afin de rejoindre une deuxième plage plus petite, située à peine plus loin. A pied nus sur la roche, nous avançons prudemment. Nous jetons nos linges sur le sable et rentrons dans l’eau. Elle est fraîche plus qu’hier, me disent mes Amours, alors j’y rentre précipitamment, ainsi j’y parviens. Rapidement je n’ai plus mon fond, les jambes remuant, je profite de ce moment aussi unique que rapide. Se baigner fin octobre dans la mer est un délice qui nous refroidit, alors nous ressortons, devons tirer Bella hors de l’eau, bien qu’elle grelote, elle n’a pas envie de quitter la mer.

Au van, nous nous lavons. C’est si pratique cette douche, cela permet d’enlever le sable et de sentir bon. Une fois des habits chauds sur le dos, avec Bella je retourne sur le sable et pendant qu’elle construit un château de sable, nous buvons une bière les pieds enfoncés dans le sable. C’est sur les hauteurs de la plage en face du village que nous passerons la nuit, dans un cadre splendide.

Les routes en van
Nous allons éprouver beaucoup de plaisir à parcourir l’île, les paysages sont incroyables, et le fait d’avoir son propre véhicule nous permet de nous arrêter dès que nous le souhaitons pour immortaliser cette nature et contempler les points de vue.

Le seul bémol sera les places de parking. Sur les sites, comme dans les villes, les parkings sont petits, notre véhicule est grand, cela nous complique la vie. Mais avec de la patience nous parviendrons toujours à trouver un endroit sûr pour laisser notre maison le temps de nos découvertes.

Autour des villes les routes sont larges et pratiques. Dès que l’on monte elles deviennent plus étroites, mais sans réelles difficultés. Une fois de plus, nous étions hors saison; l’été, cela doit se compliquer.
Mésaventure
Lors de la première soirée, alors que nous nous installions pour le bivouac, Najib a fait une chute. Nous étions en train d’installer nos affaires sur la table en bois, d’ouvrir la tente et de mettre le linge à sécher. Il est entré dans le van pour prendre quelque chose, puis a reculé pour en sortir. En posant son pied sur le pare-chocs arrière, il a glissé.
Cette chute aurait pu n’être qu’un mauvais moment, s’il ne s’était pas retrouvé allongé sur les trois grosses pierres limitant la place de parking. La nuit et les jours suivants, il a eu mal aux côtes et à l’épaule, ce qui a compliqué la conduite. Une fois rentré à la maison, il est finalement allé chez le médecin. Après une radio, il a découvert qu’il s’était cassé la clavicule.
Où dormir ?
Comme partout en Europe dormir en bord de mer est difficile, Majorque n’y coupe pas, même en basse saison. Nous avons essayé mais au final nous avons surtout perdu du temps en s’entêtant. Par contre sur les hauteurs, nous avons facilement trouvé des endroits parfois très bien aménagés. Park4night reste notre source la plus pratique, surtout que pour ce mois d’octobre, il y avait peu de vans.
Spot 1er soir
Suivant le GPS, il nous conduit entre les montagnes rocheuses, de temps en temps nous apercevons des chèvres. Nous admirons à nouveau des paysages magnifiques, le côté sauvage de cette île me plait beaucoup.
Nous arrivons à destination à 16h40, nous découvrons un grand espace aménagé entre les pins, il y a des poubelles, des toilettes, un abri, une réserve de bois, de nombreuses tables et foyers, tout cela au bord d’une petite route au milieu de la nature. Le lieu est conçu pour que chaque table et foyer aient leur petit cocon. Nous pouvons donc être nombreux sans être les uns sur les autres, de plus le parking est grand.

A notre arrivée, il y a un couple avec un bébé, et deux autres voitures, nous découvrons que c’est un départ de randonnée, car les gens arrivent, montent dans leurs voitures et s’en vont. Najib gare le van près d’une table et nous nous installons. J’aide mon mari en transportant ce dont nous avons besoin pour le souper sur la table en bois et il fait du thé car Bella a froid suite de la baignade, seul la tasse de thé la fera sortir de son lit.

Installés, nous mangeons un délicieux repas et profitons de ce lieu qui en plus d’être beau est pratique avec les toilettes, je pourrai même y laver la vaisselle. 20h, nous avons déjà envie de nous coucher alors nous nous installons dans nos couvertures, les peaux de moutons achetées récemment nous tiennent bien chaud.
Spot 2ème nuit
La nuit s’est installée, nous suivons le GPS pour rejoindre l’emplacement choisi pour cette nuit, la plage où nous nous sommes baignés. Il est inscrit que c’est interdit, alors nous avons choisi un emplacement situé en dessus. Le chemin pour y parvenir est bosselé mais rien d’infranchissable, nous rejoignons le terrain plat.
Comme il fait nuit, nous nous installons sur le côté, à peine plus loin, un camping-car vieillot et un grand bus sont garés, ainsi qu’une Peugeot. Au loin, en contre bas, nous apercevons les lumières des maisons installées sur la falaise, d’un côté la baie de l’autre la mer, des arbres nous entourent.

Il est environ 7h, j’émerge. J’écoute le son de la mer et gigote ce qui finit par réveiller Najib, en ouvrant la tente nous découvrons un ciel incroyable. Je prends mon appareil photo dans le van, Bella me dit qu’elle souhaite dormir encore un peu, nous rejoignons le bord de la falaise.
Assis sur un rocher face à la mer, nous contemplons le lever du soleil qui donne au ciel comme à la mer des couleurs magnifiques qui changent au fil des minutes, je suis fascinée par ce spectacle. Nous prenons notre temps et quand nous retournons au van, poussés, par une envie de café, nous trouvons Bella qui a réussi à sortir de son lit et demande aussi à prendre des photos, alors j’y retourne avec elle: un moment magique.

Nous déjeunons en admirant le lieu, un petit chien vient nous rendre visite, il appartient à un homme qui vit dans un vieux camping-car et part bosser avec la Peugeot qui semble être le véhicule de l’entreprise, il nous fera des sourires et appelle son chien qui part avec lui. 9h10, nous quittons ce lieu où j’aurai pu passer des heures, à chaque fois, je me dis quand nous vivrons sur la route, nous pourrons le faire et cela me console un peu.
Où manger ?
Etant en van, nos repas seront cuisinés par mon maître cuisinier préféré, et comme à chaque fois, nous éprouvons du plaisir à acheter des produits locaux pour nous confectionner de bons soupers. Mais il y a aussi le côté pratique du pique-nique de midi qui est au fil de nos voyages est devenu une habitude. Pour autant, nous ne pouvons pas voyager sans tester la nourriture locale, car elle fait partie des découvertes.

Empanadas
Un arrêt dans une boulangerie, nous achetons des empanadas, une au poulet et une au bœuf ainsi que des desserts. Nous les mangeons dans le van, c’est bon mais pas extraordinaire.

Paëlla
A Magaluf, après un apéro en regardant le ciel se teinter de couleurs alors que le soleil se cache à l’horizon, nous nous dirigeons vers le restaurant choisi. Dans une rue en pente, les restaurants se suivent, les terrasses sont en escaliers, nous entrons et choisissons une place à l’intérieur, car cela se rafraîchit.
C’est le restaurant des vacances, alors nous nous faisons plaisir en commençant par une entrée: croquettes de poulet pour moi, salade pour Najib et Bella une assiette de jambon du pays qu’elle va déguster tellement c’est bon. Puis nous partageons une paëlla, tandis Bella choisit des spaghettis carbonara, le tout clôturer par des desserts: fondant au chocolat et glaces.

Un moment agréable avec un très bon service et des plats délicieux. Nous sortons de là, la peau du ventre trop tendue, et marchons dans la rue pour rejoindre le van. Il y a d’autres personnes qui se promènent, mais cela est bien peu quand je pense à ce que doit ressembler cette ville en haute saison. Je suis bien contente de pouvoir profiter d’un restaurant sans tout la foule que ce lieu peut attirer.
Octobre 2023
“Les îles sont toujours des frontières face au monde.”
José Carlos Llop

Pour découvrir une autre île: https://whynotoverland.com/fr_fr/week-end-a-venise-que-voir-en-48-heures/