Road trip au Québec : Le tour du lac Saint-Jean et la route du Fjord
Après la visite de grandes villes, nous sommes contents de retrouver le calme de la campagne. Ainsi que la facilité de trouver des bivouacs. Nous commençons le tour du lac Saint-Jean. Puis continuons par la route du Fjord.
Tour du lac Saint-Jean : La route fait une boucle de 263 km autour du lac Saint-Jean, passant par des villes et villages tels qu’Alma, Saint-Henri-de-Taillon, Saint-Félicien et Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. Les incontournables sont le parc national de la Pointe-Taillon, le musée ilnu de Mashteuiatsh, les nombreuses plages et les points de vue sur le lac. Le produit du terroir le plus connu est le bleuet.
Route du Fjord : Elle longe les deux rives du fjord et fait découvrir l’un des paysages les plus emblématiques du Québec, le fjord du Saguenay. Sur un parcours d’environ 235 km, elle débute à Petit-Saguenay et arrive à Tadoussac. La route combine montagnes, villages, points de vue et activités en plein air. Ses points forts sont les belvédères sur le fjord, le parc national du Fjord-du-Saguenay et l’observation des bélugas.

Le tour du lac Saint-Jean
Nous débutons notre tour du lac en fin de journée, cela commence donc par un spot dodo.
Alors que nous arrivons doucement à destination, la pluie s’arrête puis le ciel se découvre. Nous voulions aller visiter le village historique de Val-Jabert, mais nous arrivons un peu tard. De plus, le prix de l’entrée nous coupe toute envie de visiter, car ce qui nous intéressait vraiment était la cascade, payer si cher pour la voir, ne nous convient pas.
Nous roulons encore un peu et allons sur un parking pour VR, (véhicule de loisirs) car il y a peu de spots ici. C’est un joli parking entouré d’arbres, sur les bords du lac, nous nous mettons dans un coin et profitons du peu de monde pour sortir la douche. C’est si agréable de sentir bon…

Le lendemain à 7h30, nous sortons de la tente car nous avons trop chaud, c’est agréable. Assis au soleil à l’arrière du van, nous buvons notre café, c’est si agréable de la boire dehors. Il y a peu d’oiseaux mais des corneilles qui hurlent, nous le observons. Les véhicules autour de nous partent petit à petit. Nous plions et quittons les lieux après avoir fait le plein d’eau.
La petite chute à l’Ourse
Nous reprenons la route et continuons à suivre le circuit du Tour du lac Saint-Jean. Notre prochain lieu à visiter, est la petite chute à l’ours, nous suivons donc Google Maps. Mais le GPS, va nous mener sur une piste de quad, bien que large, elle est sablonneuse et nous met en difficulté. Najib va assurer et nous mènera à bon port sans incident, mais ce sera un moment stressant.
Arrivés à la petite chute à l’Ours, nous découvrons une grande et belle cascade. Nous commençons par manger, assis à une des tables en bois puis nous allons admirer cette belle chute, pas si petite que cela.

Sainte-Jeanne-Arc
Nous reprenons le tour du lac Saint-Jean, attirés par un grand trampoline alors que nous traversons Dolbeau-Mistassi, nous nous arrêtons. La place de jeux est grande et offre divers jeux, ainsi qu’une place pour jouer à la pétanque, qui est occupé par toute une équipe. Avec Bella, nous montons sur la toile tendue et sautons, assez rapidement d’ailleurs car le plastique est brûlant sur nos pieds nus, c’est un chouette moment qui va me chauffer les mollets.
Le ciel se remplit de nuages noirs qui se rapprochent rapidement, dès qu’un vent plus frais, nous atteint, nous savons que c’est le moment de partir. Nous fuyons l’orage en continuant notre tour du lac. Nous allons jusqu’au parc national de la Pointe-Taillon, mais nous ne pouvons pas y dormir, le camping est réservé aux tentes. Nous finissons par repartir en arrière, car aucun spot n’est vraiment confortable.

Nous retournons à la halte municipale de Sainte-Jeanne-d’Arc, installée au bord de la rivière, une cascade chante et nous bercera toute la nuit. Il y a des toilettes et même des douches chaudes, ainsi que des tables installées sous de petits toits en bois. Le village est situé au point de rencontre de la rivière Noire et de la Petit Péribonka, un vieux moulin est installé sur la rive.
Arrivés vers 16h, nous nous installons avant que la pluie n’arrive, puis on s’assied sous un des toits. Le lieu est beau et calme, nous en profitons. Najib installe la cuisine sur une des tables et commence assez rapidement à faire à manger afin d’avoir fini de cuisiner avant l’arrivée de l’orage et surtout du vent qui l’accompagne.
Il aura à peine le temps de finir que l’orage est sur nous, il est tellement fort que l’on va se réfugier dans le van, car il est impossible de rester au sec. Nous y mangeons tranquillement, regardant les éclairs zébrer le ciel. Vers 18h30, le soleil est déjà de retour avec une lumière magnifique sur la rivière, nous sortons attirés par elle et prenons des photos.
Le lendemain avant de quitter le village, nous allons admirer le petit pont couvert, d’un beau rouge. Il date de 1936.

Parc national de la Pointe-Taillon
Nous allons au parc national de la Pointe-Taillon, d’une superficie de 97,5 km², il protège un échantillon représentatif des basses-terres du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des plages et des marais sont visitables par une piste cyclable. Il y a des tourbières typiques de la forêt boréale et beaucoup d’orignaux et de castors.
Une fois l’entrée du parc payée, nous roulons jusqu’à la plage où se trouve le parking. Il y a une location de vélo, intéressés nous regardons les prix, cela reste correct, alors nous louons trois vélos. Tout heureux, nous montons sur nos vélos et partons à l’assaut du parc, le pique-nique dans le sac à dos.
Nous faisons rapidement un arrêt et sortons nos appareils photo, car le paysage est magnifique. C’est à ce moment que nous prenons conscience de ce que la phrase, prononcée par l’employé : « Il y a de nombreux moustiques » signifie réellement. En à peine quelques minutes, nous nous faisons littéralement dévorer, on se dépêche de repartir.
Rapidement, nous prenons conscience qu’il y a qu’en pédalant que l’on ne se fait pas piquer, alors on avance. Cela ne va pas réduire notre joie de faire du vélo dans ce magnifique parc.

Après une trentaine de minutes et 6 km parcourus, nous nous arrêtons dans une cabane. Elle nous permet de manger à l’abri des petites bêtes, tout en contemplant le paysage. De plus il y a des panneaux explicatifs que Bella nous lit, avec attention.
Le plein d’énergie fait, nous reprenons notre balade. Le tour complet comptabilise 42 km, on se dit : « Pourquoi pas ? » Alors on avance, profitant du paysage, sans vraiment s’arrêter. Quelques photos rapidement et quelques piqûres de plus, nous continuons à avancer. De petits panneaux, installés le long du sentier, indiquent les kilomètres parcourus, cela nous motive à avancer.
Le chemin est relativement plat, monte un peu par moment puis descend, mais rien de bien costaud. Il est recouvert de gravier, par endroits la couche est épaisse, ce qui demande un effort supplémentaire. Bella parcourt les 20 premiers kilomètres avec facilité, puis ralentit un peu le rythme, ce qui me convient bien. Nous faisons une halte un peu plus longue dans un autre abri, des moustiquaires empêchent les insectes de nous dévorer. Ainsi, nous pouvons nous reposer un peu, avant d’attaquer le dernier tronçon de 15 kilomètres.
Dès notre reprise, Bella peine un peu, alors Najib la pousse par moment, cela lui redonne de l’élan. Alors que nous entamons la traversée de la tourbière, lieu infecté de moustiques mais surtout de taons, Najib pousse Bella pendant un moment. Ils prennent de l’avance, à la sortie d’un virage, je les rejoins et les découvre, allongés dans une épaisse couche de gravier. L’un ou l’autre a perdu l’équilibre alors que le gravier les freinait, étant encore côte à côte, ils se sont entraînés dans la chute.
Bella a réussi à se retenir un peu, en tournant la roue de son vélo, mais son genou est fortement écorché et de nombreux bleus vont apparaître sur ses jambes au fil des heures. Elle est debout au-dessus de Najib, allongé, il peine à reprendre ses esprits. Je commence par vérifier que Bella ne s’est pas tapé la tête, puis j’enlève les vélos du chemin car nous sommes dans un virage et d’autres personnes arrivent.
Najib reprend doucement ses esprits, et nous l’aidons à se relever, nous prenons conscience de l’envergure de ses blessures. Il saigne des deux genoux, du bras gauche et de la tête, les plaies ont l’air assez profondes.
Pendant ce court examen, nous continuons à nous faire dévorer à cause de notre immobilité. Bella est à la limite de craquer alors qu’elle découvre l’ampleur des plaies de son papa, je la regarde et lui demande de tenir. Il nous reste 10 km à parcourir et nous devons impérativement nous mettre en mouvement, au risque de nous ajouter encore des piqûres à la douleur.

A ce moment, un couple arrive à notre hauteur. L’homme va nous aider à remettre la chaîne du vélo de Bella, pendant que la femme prête son spray anti-moustique à notre fille. Leur aide nous est précieuse, puis nous reprenons la balade.
Ces derniers 10 kilomètres vont me paraître infinis. Au-dessus de nos têtes, le ciel s’est rempli de nuages noirs, on entend le tonnerre au loin. Après un premier kilomètre très difficile à cause de la douleur au genou pour Bella, l’orage qui menace va la pousser à avancer. Elle va foncer sans plus s’arrêter, au point que je vais avoir de la peine à la suivre.
Najib avance comme il peut, tentant de ne pas penser à son genou et à ses plaies, il suit Bella afin qu’elle ne reste pas seule. Il nous reste encore 5 kilomètres, lorsque l’on s’arrête soudain, une forme noire avance sur le sentier au loin. Nous nous approchons doucement pour découvrir un porc-épic, magnifique, cette rencontre va nous donner du baume au cœur.
Les trois derniers kilomètres se font sous de grosses gouttes de pluie mais elles restent éparses. Au final, elles vont juste nous rafraîchir. Enfin, nous arrivons, je suis si contente d’être parvenue à faire autant de kilomètres.
De plus le parc était magnifique, seuls les trop nombreuses piqûres et cette chute viendront ternir ce moment. Nous rendons les vélos à une employée, choquée de l’ampleur des blessures. Nous avons juste le temps d’aller au van, chercher nos affaires pour la douche que l’orage éclate pour de vrai.
Sous la douche, nous décollons sueur et cailloux pendant que le toit résonne sous une averse conséquente. Elle sera de courte durée, installés sur une des tables du restaurant, je tente de faire des pansements à Bella et Najib. Le soleil revient et nous accompagne dans notre départ du parc.

Charles de Bourget
Je vais trouver un camping municipal avec toilettes et douche, gratuit. Il est limité à 7 jours, donc bien suffisant. En nous y rendons, nous faisons un arrêt dans un magasin afin de faire 2-3 courses et acheter un poulet grillé pour le souper, ainsi pas besoin de cuisiner.
Nous arrivons à Saint-Charles-de-Bourget, un petit village au bord de l’eau. L’espace camping est installé près d’une berge, il offre plusieurs emplacements avec tables. Nous en choisissons un et nous installons, après avoir mangé, nous restons au calme dans le van. Nous irons nous coucher tôt, épuisés par cette journée.
Nous resterons là pendant trois nuits, afin de laisser le temps à nos corps de se remettre de la chute. De plus il pleut, donc cela nous force à ralentir et à prendre du temps pour nous. Au chaud dans le van, nous occupons notre temps avec l’école et nos passe-temps préférés.
Nous allons cuisiner dedans, des repas faciles et rapides qui feront plaisir à nos corps au repos.

Le deuxième jour, nous déplaçons le van, car une mare s’est formée autour. J’ouvre le store, cela va nous permettre de bouger un peu à l’extérieur, mais la pluie sera vite de retour… Je suis contente que nous restions tranquille, cela est nécessaire pour Najib comme pour Bella et cela me permet d’écrire. Je vais le faire toute la journée, j’avance enfin sur mes articles sur ce beau pays. Et je mets en place de nouveaux projets qui me trottent dans la tête depuis quelques temps.
Le temps passe doucement mais sûrement. En fin d’après-midi, une équipe d’enfants entre 10 et 12 ans, vient installer sur un emplacement. Ils montent une tente puis font un feu afin de brûler leurs cahiers d’école car ils sont en vacances. Bella finira par les rejoindre et passera la soirée avec eux, cela lui fera du bien de passer du temps avec des enfants de son âge.

La route du Fjord
Saguenay – Chicoutimi, Musée de la petite maison blanche
En trente minutes, nous sommes à Saguenay. Nous allons marcher le long du fleuve dans la zone portuaire de Chicoutimi. C’est le quartier central de Saguenay, le cœur culturel et urbain de la ville. Cette zone portuaire était un territoire fréquenté par les groupes innus.
Dans le parc, nous croisons un homme en train de déposer des chaises dans des tentes de trappeurs d’époque. Voyant notre intérêt, il nous explique qu’ils déposaient des branches de sapin au sol pour faire fuir les souris et les moustiques. Il nous raconte que demain, il y a une grande fête et qu’ils feront un barbecue géant afin d’y cuire diverses viandes dont du castor…

Nous quittons le parc pour aller voir le musée de la Petite Maison Blanche. C’est surtout le lieu qui m’intéresse, la mise en scène de l’eau sortant de la maison puis formant des cascades est belle. Le musée parle d’une inondation dévastatrice qui a eu lieu en 1996. Avant de quitter la ville, nous allons faire quelques courses. Pendant celles-ci, un gros orage passe, nous ne verrons que les flaques en sortant. Après un pique-nique dans le van, nous prenons la route sous un grand soleil.

Sainte-Rose-du- Nord
A l’horizon, le ciel est encore noir et c’est la direction que nous prenons. Nous suivons la route du Fjord, rapidement il se met à pleuvoir de grosses gouttes, heureusement cela ne va pas durer. Nous faisons plusieurs arrêts photos le long de la route. Puis nous parcourons 4 km de piste pour aller voir un phare, mais on découvrira au dernier moment qu’il n’est pas accessible en voiture malgré ce qu’indique Google Maps. Bon, il nous reste juste à faire demi-tour.
L’arrêt suivant se fait à la Pointe Sainte-Rose, surnommé la perle du fjord. C’est un pittoresque village, membre de l’association des Plus Beaux Villages du Québec.

Un ponton s’avance sur le fjord, nous offrant une vue insaisissable sur ce bras de mer, c’est magnifique. Assis sur un banc, nous contemplons le paysage. Najib me fait remarquer un belvédère, au-dessus de nous, je suis tentée d’aller voir la vue de là-haut. Je laisse mes Amours aux genoux fracassés et pars seule dans la forêt.
Le chemin longe le fjord et mène à un kiosque, ce point de vue permet d’avoir une autre vue du fjord, mais ce qui m’intéresse, c’est de prendre de la hauteur. Je finis par trouver le sentier et commence à monter, je n’irai pas très haut. Le sentier monte beaucoup et le sol est détrempé suite à l’orage, je glisse malgré mes chaussures de marche. Ayant assez de deux blessés dans le van, je fais demi-tour, tant pis pour la vue d’en haut.

Parc national du Fjord-du-Saguenay – le sentier du Fjord et la plage Pointe-du-Moulin
Le parc national du Fjord-du-Saguenay protège les parois rocheuses et les forêts qui entourent le fjord. Créé en 1983, il couvre 326,7 km².
Après avoir rangé notre maison, nous traversons le camping pour rejoindre le centre de découverte et de service Le Béluga. Nous y découvrons une exposition sur le béluga et apprenons comment vivent ces animaux, c’est intéressant. Deux femmes derrière un comptoir donnent des informations sur le parc et vendent des souvenirs.
Laissant Najib au van afin qu’il se repose, je pars avec Bella faire une marche le long du sentier du Fjord. Nous faisons une marche de 6,80 km, elle nous mènera jusqu’à la halte du Béluga. C’est une structure en bois construite au-dessus de la falaise et offrant une vue dégagée sur le fjord.

Malgré notre pause et l’observation intensive du fjord, nous ne verrons pas de bélugas. Mais la promenade se fait à travers une forêt et des points de vue magnifiques.
Nous découvrons la plage de la Pointe-du-Moulin, une bande de sable fin et du bois flotté, c’est beau. De retour auprès de Najib, nous roulons jusqu’au bloc sanitaire. Une bonne douche chaude nous fait du bien, à notre sortie, il pleut. Tant pis pour le repas, nous prenons la route.
Mon coup de cœur : La halte du Béluga
La marche comme le lieu nous ont ravis. Les paysages sont magnifiques et la marche est ressourçante. Le sentier est bien aménagé avec des toilettes sèches à certains endroits. La structure en bois surplombe le fjord et invite à faire une pause face à un paysage unique.

Le tour du lac Saint-Jean comme la route du Fjord, nous ont offert de magnifiques paysages et de beaux souvenirs. Nous avons aimé la route ainsi que les nombreux points de vue. De retour auprès du fleuve Saint-Laurent, nous continuons notre découverte du Québec.
Juin 2026
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