L’école en voyage : apprendre autrement en explorant le monde
Voici un article qui parle de l’école en voyage, car c’est un chapitre important de ce périple. Une activité quotidienne qui peut se révéler être un vrai défi mais aussi un vrai plaisir. Quand nous parlons de notre voyage, les gens demandent toujours « et l’école ? », j’ai donc eu envie de partager notre expérience. Notre fille Bella a 12 ans et est en 6ème au moment de l’écriture de cet article. Nous voyageons depuis novembre 2025 sans date précise de retour, mais ce sera avant la terminale.
Nos méthodes pour apprendre autrement
Avant de partir
Déjà avant notre départ, nous avons préparé le terrain pour ce nouveau mode d’apprentissage. Premièrement car les deux dernières années passées avec une professeur incapable qui a classé notre enfant dans une catégorie sans fournir le moindre effort pour l’aider, ont généré des lacunes. De ce fait, dès le moment où j’ai arrêté de travailler, j’ai eu le temps nécessaire pour revoir tout le programme avec Bella.
Cela a été un vrai défi pour elle, car 6h d’école par jour, les devoirs et en plus le travail que je lui préparais, donnaient des journées très chargées. Ce qui a l’a fait progresser, c’est son amour de l’apprentissage, Bella aime apprendre et cela change absolument tout. Ces progrès ont été rapides, ce qui lui a aussi facilité la vie à l’école et lui a redonné confiance en elle.
Cette première étape, l’a déjà préparée à travailler dur et nous a aussi appris, à elle comme à moi, comment nous fonctionnons. Nous avons ainsi déjà pu mettre en place un mode de fonctionnement qui nous convenait à toutes les deux et trouver les modes d’apprentissage comme le matériel qui nous correspond. Il faut avouer que cela a grandement facilité la mise en place de notre école sur la route.
À cette période, je l’ai aussi emmenée à plusieurs reprises, travailler au restaurant d’un centre commercial, afin qu’elle s’habitue à travailler dans le bruit, car c’était un vrai défi pour elle. Elle y a rapidement pris goût comme moi, alors nous y sommes allés souvent. Thé, café et pâtisseries ont accompagné ces heures de travail.

Au début du voyage
Les vacances d’automne sont arrivées avec cela le dernier jour d’école, même si que nous ne partions que le 6 novembre, un jeudi, elle n’allait pas reprendre l’école pour 3 jours, tout simplement pour étaler les moments forts en émotions. De ce fait, nous avons rapidement pris du retard, car la semaine du départ comme les deux premières semaines du voyage ont été très chargées en émotions et en stress, difficile là au milieu d’être efficace.
Puis il m’a fallu du temps pour être vraiment à l’aise avec le site PassEducation. Les cours m’ont vite plu et j’ai facilement réussi à faire des heures d’école efficaces, mais l’organisation du site n’est pas conforme à la manière dont mon cerveau fonctionne, j’ai dû m’y adapter. Cela m’a pris du temps, mais j’y suis parvenue et à partir de là, j’ai pu être vraiment efficace sur tous les plans.
Puis il a fallu trouver notre manière de fonctionner au quotidien, Bella comme moi devions trouver comment faire pour que cela soit agréable tout en étant efficient.
Nous avons testé le matin, l’après-midi, le soir, dehors, sur le lit, à la table, en roulant, à l’arrêt, bref tous les moments de la journée. Et comme les journées se ressemblent peu, nous avons vraiment testé sur plusieurs semaines. Au bout de 3 mois, nous avions trouvé un rythme de croisière, si je peux dire cela, qui convient à Bella comme à moi.

Les évaluations
Niveau évaluation, nous avons complètement supprimé les notes, il a fallu du temps à Bella pour l’accepter et comprendre qu’elle pouvait tout à fait savoir si un sujet est acquis ou non autrement. Elle doit apprendre à s’auto-évaluer et être capable de dire si elle a compris un sujet et est capable de le refaire seule, c’est tout un apprentissage en soi.
Et surtout nous devons lâcher prise sur le fait d’être à jour dans le programme ou être une bonne élève et simplement apprendre à aimer apprendre de nouvelles choses, qu’elles soient intéressantes ou pas.
Le matériel que nous utilisons
Ayant préparé cette étape, nous sommes partis avec le matériel nécessaire et adapté à notre fille.
Nous avons acheté une connexion sur le site PassEducation, après de nombreuses recherches, c’est le site dont le visuel convenait le mieux à Bella. J’ai commencé en achetant l’accès pour une année, me disant que nous allions tester et je sais déjà que je vais renouveler l’abonnement pour ces prochaines années.
Voici la liste du matériel que nous avons avec nous :
Une tablette Samsung, un partage de connexion ou un wifi, me permettent d’y télécharger les cours et les exercices. Elle travaille directement dessus avec le stylet, ce qui ressemble à de l’écriture dans un cahier.
Un cahier dans lequel, je note le programme de l’année et les cours téléchargés et fait. Cela me permet de savoir où nous en sommes et évite de faire deux fois les mêmes exercices.
Un gros cahier de brouillon, car il est important de pouvoir prendre des notes. Et parfois certains exercices demandent plus de place pour écrire et s’entraîner.
En plus, Bella a la panoplie demandée par l’école pour la rentrée au collège, trousses pleines de stylos de couleurs, règle, calculatrice, papier calque, etc.
Voici le lien du site et leurs tarifs : https://www.pass-education.fr/
Voici mon code de parrainage : 348514 Si tu l’utilises lors de ton achat, tu reçois un mois gratuit et moi, de même. Je te remercie!
Le grand avantage lorsque vous avez plusieurs enfants de divers niveaux, est qu’un abonnement permet d’avoir accès à toutes les classes. De plus, ils offrent aussi une version IEF, pour ceux qui en ont fait la demande.

A quoi ressemble une journée d’école en voyage
Elle dépend du programme de la journée ; déplacement, journée calme ou avec de nombreuses découvertes. Mais dans l’ensemble cela va surtout déterminer le moment de la journée où Bella va travailler sur ses cours. Je choisis les matières du jour, en fonction de la motivation et du lieu où nous travaillons, car il peut être difficile de dessiner des angles en roulant par exemple.
Je regarde les cours téléchargés dans ces matières et suit l’ordre, puis on s’y met. Je lis le cours à Bella, je réponds à ses questions et reformule si besoin, puis elle fait les exercices. Il y en a entre 8 et 12 par cours, en fonction du nombre d’erreurs je sais si c’est acquis ou si c’est nécessaire de faire des exercices supplémentaires. Entre chaque cours, nous faisons une pause de quelques minutes où elle lit, dessine, contemple le paysage ou bouge.
Puis on se focalise à nouveau sur un cours, cela peut durer entre 1 à 3 heures par jour. Cela dépend de la concentration et du programme de la journée. Ensuite, nous tentons de continuer l’apprentissage dans le quotidien et les visites, profitant des situations qui nous permettent de donner des exemples concrets sur le cours étudié.
Quand l’école change de déco tous les jours:



Ce que mon enfant apprend vraiment en voyage
En cherchant des informations sur l’école en voyage, j’ai réalisé que peu de cours sont réellement validés par l’éducation nationale en dehors du CNED, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de carnet de notes qui compte pour le diplôme national du brevet ou le bac.
De ce fait, nous avons décidé de ne pas nous compliquer la vie avec une scolarité IEF (Instruction en Famille) qui demande de faire des démarches pour obtenir l’autorisation. Et de plus impose un rythme qui n’est pas toujours adaptable en voyage, c’est idéal dans le cadre d’une vie nomade mais plus difficile dans un voyage.
Nous nous appliquons à lui enseigner les cours de l’éducation nationale et nous focalisons sur l’apprentissage de la vie. Le voyage forme les esprits, il permet à l’enfant d’apprendre bien plus que de simples cours. Elle apprend sur les pays visités, leurs cultures, leurs quotidiens, leur faune et flore. Le voyage en lui même, lui apprend à s’adapter à toutes les situations, lui apprend à aller vers les autres, à grandir avec une ouverture sur le monde et les gens qui le peuplent.

Les difficultés de l’école en voyage
Se lever le matin et se rendre à l’école, oblige l’enfant à se concentrer sur l’apprentissage. Dans le voyage, il peut être plus difficile de s’arrêter et de se concentrer sur un cours, surtout si le sujet intéresse peu.
Trouver un équilibre entre travailler assez pour avancer dans le programme et profiter des journées pour découvrir ce que le pays traversé a à nous offrir.
Considérer l’école en voyage autrement que le modèle que nous avons connu dans la vie sédentaire. Appliquer le même modèle n’est pas possible.
Tenir le rythme dans des périodes de gros changements.

L’école en voyage en tant que parent
Les gens me questionnent toujours sur le fait de faire l’école à notre enfant nous-même, comme étant une charge. Oui, c’est une responsabilité importante, car l’avenir professionnel de notre fille dépend quand même de ce qu’elle aura appris ou pas. Mais aujourd’hui, même si nous ne sommes pas professeur et que cela reste un vrai métier que je ne prétends pas faire, apprendre à son enfant est un vrai privilège.
Les moyens d’apprentissage sont aussi nombreux que les cours que l’on peut trouver via les livres et internet. Sans parler des cours privés en visio qui sont légions, les possibilités sont multiples. Ce qui devait être un vrai défi il y a quelques années est aujourd’hui facilité par l’accessibilité à la connaissance. Quelque soit votre manière de travailler, livres, cahiers ou internet, vous trouvez absolument tout.
Je n’ai pas un niveau universitaire, j’ai suivi un cursus classique avec l’apprentissage d’un métier en Suisse. Pourtant, il m’est simple d’enseigner à ma fille car lorsque je rencontre une difficulté sur un sujet, j’ai rapidement accès à des explications via internet ou les livres.
De plus cela a créé un autre lien entre nous, l’accompagner dans un apprentissage que nous voyions comme obligatoire afin de le transformer en un moment de complicité quotidien, est précieux. Ce n’est pas pour autant facile, cela me met aussi face à mes lacunes ou mes propres difficultés, sans compter le manque de patience ou de persévérance. Certains jours peuvent être plus faciles que d’autres et parfois je n’ai tout simplement pas envie. Le plus difficile est de s’y mettre, de trouver comment fonctionner pour que cela devienne une habitude quotidienne.
Au fil des semaines, je découvre à quel point j’aime travailler avec elle et la voir acquérir de nouvelles connaissances chaque jour. C’était à la base, le plus gros défi de ce voyage et finalement c’est simplement devenu le voyage, l’école fait partie des découvertes de ce périple et donne à l’apprentissage imposer par l’éducation nationale, une saveur qui nous est propre. Et pour moi, le défi est déjà relever haut la main pour Bella comme pour moi.

Nos petits rituels d’école en voyage
Après plusieurs années d’apprentissage avec des cahiers pour dys, nous avons intégré certains rituels dans l’apprentissage. Aujourd’hui, Bella n’a plus l’obligation de tenir des cahiers comme le souhaite le prof, ainsi elle a mis en place son propre code couleurs pour l’aider à apprendre.
Chaque nouveau livre commencé, a le droit à son propre marque-page décoré aux couleurs et motifs du livre.
Tant qu’elle écrit, elle a le droit à de nouveaux cahiers, même un dimanche matin, nous partons à la recherche du nouveau cahier afin que les idées ne s’effacent pas. Heureusement nous en avons trouvé un ouvert.
Si la motivation est moindre, elle choisit elle-même le cours ou le texte afin de trouver la motivation dans un sujet qui l’intéresse.
Elle choisit toujours le lieu de travail, souvent son lit, mais parfois dans l’herbe ou autre, qu’importe je la suis.
Je reste toujours à côté d’elle, même si elle travaille seule, cela l’aide à rester motivée plus de 30 minutes. Souvent je travaille sur mes propres projets, le blog ou autre, mais toujours assise à côté d’elle. Et surtout toujours disponible en cas de besoin, expliquer un mot, une consigne ou tout simplement donner d’autres explications sur le cours.

Conseils pratiques pour l’école en voyage
Mon premier conseil et celui que j’aurais souhaité entendre dès le début, lâche prise ! Rien n’est grave ou irrécupérable. Prendre son temps et ses marques, puis le reste se fera petit à petit.
Trouver la méthode qui fonctionne avec ton enfant et cela ne sera pas forcément la même pour le deuxième. Essaye tout et trouve ce qui facilitera l’apprentissage.
Et la plus importante, écoute ton enfant, il saura te dire ce qu’il aime ou non, ce qui préfère comme fonctionnement et si aujourd’hui est un jour productif ou si cela sera plutôt demain.
Je ne peux pas te conseiller la meilleure méthode, car la mienne s’adapte à mon enfant et chacun a ses besoins, mais je peux te conseiller d’essayer toutes celles que tu peux lire, jusqu’à ce que tu trouves ce qui fonctionne pour ton enfant.

Ma vision de l’école en voyage aujourd’hui
Ce qui était pour nous un grand défi est devenu un rituel de la journée au sein de notre voyage. Cela ne s’est pas fait en deux semaines, nous avons trébuché, stressé, je me suis inquiétée du retard que l’on semblait prendre. Mais nous avons persévéré et fait confiance à notre fille, qui s’est appliquée à nous montrer comment elle aime apprendre.
Après mon plus grand souhait par rapport à cette école sur la route, c’est que cela reste un plaisir comme un devoir et qu’au final, elle rentrera de ce voyage avec le goût d’apprendre et d’évoluer chaque jour. C’est une chose que mon papa a su nous apprendre et je lui en suis reconnaissante. Il m’a appris à aimer apprendre, et cela a fait et fait encore toute la différence dans mon quotidien, car quelle que soit mes difficultés d’apprentissage, mon envie me fera toujours travailler plus et obtenir ce que je souhaite.
Aujourd’hui, même si parfois on n’a pas envie, on s’applique à travailler tous les jours et les apprentissages se font petit à petit.

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