Gestes du quotidien: ce qui change vraiment en vivant en van aménagé
Depuis des années, l’envie de voyager et de découvrir le monde nous habite. Nous prenons la décision de tout vendre afin de vivre autrement pour un temps. C’est à bord de notre van aménagé que nous décidons de parcourir ce vaste monde. Cet article parle de la transition entre une vie sédentaire et une vie à bord d’un véhicule. Que se passe-t-il quand les gestes du quotidien restent les mêmes mais que le cadre change totalement ?
Les mêmes gestes du quotidien
Se réveiller et commencer la journée
Dans une maison – Le réveil sonne, il annonce le début d’une nouvelle journée, un tour aux toilettes, des habits propres et surtout un bon café pour donner à mon corps son élan. Puis direction le bureau pour l’un et la vie de famille pour l’autre. Réveiller notre fille, l’aider à se mettre en route et l’envoyer à l’école.
En van – Les sons extérieurs, les chants des oiseaux pour les meilleurs spots ou la vie qui reprend autour de nous, nous réveillent. Nous nous habillons dans la tente de toit puis descendons l’échelle. Avec le moins de bruit possible, nous ouvrons la porte du van et préparons le café que l’on apprécie tant le matin. Nous le dégustons en contemplant le paysage du jour, puis c’est au tour de notre fille de se mettre en route. Pour les toilettes, c’est derrière un arbre ou dans le van si le lieu ne s’y prête pas.
Cuisiner et manger
Dans une maison – Dans notre famille, cela a toujours été Najib qui cuisine, car contrairement à moi, il aime cela. Je le fais quand il n’a pas le temps ou rentre plus tard du travail. Les courses se font la plupart du temps ensemble, cela nous motive à les faire car ce n’est pas forcément une activité qui nous captive. Le repas du soir est le seul que nous pouvons partager tous ensemble, c’est donc le seul qui ait vraiment de l’importance pour nous.
En van – Le petit déjeuner reste composé de café, malgré le temps l’habitude reste et nous n’avons pas vraiment envie de manger le matin. Parfois lorsque nous restons toute une journée sur un spot, ce petit déjeuner devient un vrai repas en fin de matinée, il sera plutôt salé et remplace le repas de midi. Comme nous sommes souvent dans le mouvement, le repas de midi reste lui aussi léger, car c’est souvent le soir posé sur le spot dodo que nous prenons le temps de cuisiner vraiment et de faire de bons petits plats.
Au final, ce sont surtout le faim et les envies du jour qui guident nos choix. Les courses continuent à se faire en famille, mais nous privilégions les marchés si c’est possible pour le plaisir et la fraîcheur des produits. La composition des repas est influencée par le pays visité, les prix et les spécialités que nous avons toujours du plaisir à découvrir et cuisiner. Nous cuisinons plus facilement à deux mais cela reste la tâche de Najib.

Se laver, s’organiser, ranger
Dans une maison – Les tâches ménagères sont réparties en fonction de nos talents et du temps que nous avons en dehors du travail, notre organisation est rôdée après 20 ans de vie commune. Chacun se douche quand il le préfère, le matin ou le soir, selon la journée et le temps disponible. Notre salle de bain bien que petite offre un vrai confort.
En van – Il nous a fallu un peu de temps pour que chacun trouve sa place dans notre nouveau quotidien, nous nous entraidons dans les tâches de tous les jours. Le ménage est toujours vite fait et le rangement est obligatoire tous les jours à cause du petit espace. Pour la douche, nous avons une installation extérieure avec de l’eau chaude, mais elle va dépendre du spot et de la quantité d’eau. La douche ne se fait plus lorsque l’on en a envie mais lorsque toutes les conditions sont réunies. Nous faisons en sorte que cela soit le plus souvent possible, mais cela n’est plus quotidien.
L’école
Dans une maison – Lors de notre départ, notre fille venait de faire son entrée au collège, elle partait le matin à 7h15 pour prendre le bus et rentrait à 17h.
En van – Les cours durent en moyenne 2h par jour, 6j/7. Parfois un peu plus, parfois il n’y a pas de cours car nous sommes dans une journée de visites. Il n’y a plus vraiment de vacances scolaires, mais un rythme qui s’adapte à nos journées en mouvements. La seule chose qui compte est d’avancer dans le programme de façon régulière.

Un cadre radicalement différent
Tous ces gestes du quotidien restent les mêmes, mais le cadre change. Tous les soirs, je me brosse les dents, parfois il fait déjà nuit et c’est face à l’immensité de la forêt sombre, parfois c’est en regardant le coucher du soleil, mais le geste reste habituel. Tout comme la douche, parfois, il me faut beaucoup de courage, car il fait à peine 8 degrés, comme cet après-midi de novembre sur la plage de Beauduc, en Camargue.
Ou sur la plage de Barcelone où nous utilisons les douches de plage afin d’économiser l’eau, le soleil est chaud mais l’eau gelée en ce mois de mars. Parfois c’est un vrai plaisir, comme aux portes du désert à M’Hamid au Maroc. Ou encore après 3 jours sans douche, de l’eau chaude dans un camping. Mais se laver reste toujours un acte nécessaire et apprécié.
Face à ces cadres si souvent différents, nous découvrons à quel point un geste habituel peut prendre de l’importance et être apprécié. Avoir les cheveux propres et détachés devient un vrai privilège. Cela nous réapprend le plaisir des choses simples.

La proximité avec la nature
Le cadre de la nature va aussi influencer ces moments, quand il faut attendre son tour pour pouvoir utiliser les toilettes parce qu’il n’y a pas un seul arbre à l’horizon. Ou lorsqu’il pleut plusieurs jours d’affilés, difficile de se doucher en extérieur. Pour ce qui est de cuisiner, le nouvel aménagement de notre espace nous permet de préparer à manger dans toutes les conditions, mais là aussi, un beau spot et le soleil facilite les choses. Vivre dehors est ce qui nous plaît, être proche de la nature pas juste pour un week-end mais pour tous les jours.

La mobilité et l’imprévu
Le fait d’être toujours dans le mouvement crée des conditions différentes, parfois nous restons quelques jours au même endroit, mais souvent on se déplace. Cette liberté de mouvement, demande une adaptation constante. Nous apprenons à profiter des opportunités qui se présentent.
La réduction de l’espace
Heureusement pour moi, je n’ai jamais eu sur le bord de ma baignoire, une grande panoplie de produits divers, ni une utilisation régulière d’un sèche-cheveux, fer à lisser ou autre. Cela a facilité mon adaptation au peu d’espace, car dans un van, il faut faire des choix sur ce qu’on emporte, et mes cahiers prennent déjà une place considérable.
Déjà avant le départ, j’ai pris l’habitude d’utiliser du savon et du shampoing solide, cela m’a permis de trouver des produits qui me plaisent et d’en prendre une petite réserve avec. Puis on s’adapte au fil du voyage à ce qu’on trouve sur la route. La réduction de l’espace, ne nous a pas empêcher d’emporter quelques masques pour le visage et du maquillage, mais simplement moins.

Les changements concrets dans la vie quotidienne
Ce changement de vie implique de nouveaux défis comme :
La gestion de l’eau, bien que nous ayons 100 litres, cela dure peu, il nous a fallu apprendre à en utiliser le moins possible au quotidien. Bien que déjà sensible à ne pas gaspiller cette ressource si importante, nous avons appris à faire encore plus attention, car l’impact se ressent immédiatement.
La gestion de l’électricité, là aussi l’impact est direct et nous apprenons à faire attention à la façon dont nous l’utilisons.
Nous apprenons dans chaque pays à nous adapter aux conditions extérieurs, les lieux de bivouac, la météo.
Nous avons aussi au fil des semaines, créer un nouveau rapport au confort, il devient plus simple et nécessaire dans une autre mesure.

La notion de confort change
Petit à petit, nous sommes passés de :
Une grande maison à un beau lieu pour dormir
Beaucoup d’objets à suffisamment d’eau et d’énergie
Des équipements moderne à du calme ou un beau paysage
Nous changeons notre définition du confort.
Les transformations personnelles
Une vie sur la route ne rime pas avec une hygiène moyenne, elle reste un aspect important de notre vie quotidienne, voir même davantage, car soigner une carie par exemple peut se révéler bien plus compliqué alors autant faire en sorte de ne pas en avoir.
Par contre le confort se redessine et le rapport à la consommation aussi. Que ce soit l’eau mais aussi ce produit pour les cheveux que j’aime tant mais qui va bientôt être vide et que je ne peux pas acheter. J’ai réappris à apprécier le confort d’une douche ou de la facilité de se laver les dents dans ce cadre si beau.
Se laver même quand il fait froid, reste encore un défi pour moi, mais je vais parvenir à habituer mon corps à la fraîcheur, enfin j’espère.

Les défis et limites
Le défi principal est l’eau, en trouver en quantité et s’adapter à chaque pays traversé. Puis le manque d’intimité, comme cette douche sur la plage de Casablanca alors que les gens se promènent autour de nous, attirés par le van et notre installation.
Les jours où mes douleurs sont plus fortes et que le confort d’un bain chaud me manque. Ou quand il faudrait vraiment que je m’épile mais que trop de gens sont installés autour de nous. Mais finalement les limites, comme les défis, sont surtout les barrières que nous nous créons nous-même.

Quand le quotidien devient une aventure
La vie en van ne change pas nos gestes quotidiens, nos besoins humains fondamentaux, mais elle transforme le cadre dans lequel nous les pratiquons et le rapport que nous avons avec eux. Ce mode de vie nous pousse à repenser nos habitudes, notre notion de confort, notre liberté et nos routines.
La routine dans un monde mobile, continue à exister, le voyage ne la supprime pas mais la transforme.
Envie de découvrir nos bivouacs et nos aventures, retrouve les carnets de voyages sur la page Europe
Pour trouver d’autres conseils, voici le site du ministère de l’Europe: https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs