Le Nord du Maroc : première escale du voyage hors de l’Europe
Découverte du Nord du Maroc, première étape hors de l’Europe. Le début d’une nouvelle vie dans de nouveaux paysages.
Le nord du Maroc est délimité par les éléments naturels, que ce soit la mer Méditerranée, la côte atlantique ou les montagnes de l’Atlas. Endroit stratégique le Nord a été une colonie byzantine, romaine puis occupé par une dynastie marocaine.
Lier à l’Espagne par le détroit de Gibraltar, le développement du Nord sera bousculé par les conquêtes d’un côté comme de l’autre. Aujourd’hui, le Nord du Maroc abrite les plus grandes villes du pays avec Casablanca, Fès, Meknès, Rabat et Tanger.
Premiers lieux visiter au Maroc
Chefchaouen
Nous prenons la route pour rouler un peu plus d’une heure afin de rejoindre la ville de Chefchaouen. Située dans les montagnes du Rif, elle est réputée pour sa couleur, différents teintes de bleus couvrent les murs de la vieille ville. Fondée en 1471, Chefchaouen se composait d’une petite forteresse qui aujourd’hui est la casbah. Je suis si contente de la découvrir, cela fait longtemps que j’ai envie de la découvrir.
Nous traversons la ville pour rejoindre un parking payant donc surveiller, puis à pied, nous rejoignons la Médina. Notre premier objectif est de changer de l’argent, cela nous prendra un peu de temps car nous faisons plusieurs lieux avant de trouver le bon. Ayant des dirhams, nous partons à la découverte de la ville bleue.
À peine quelques rues parcouru et nous nous arrêtons pour manger, Bella nous parle de couscous depuis des jours, cela sera donc notre premier repas marocain, sur une petite terrasse en hauteur. Assisse au soleil, j’ai trop chaud et cela fait un bien fou.


Après ce bon repas, nous partons marcher dans les ruelles. Il y a les rues principales et d’elles partent pleins de petites ruelles en cul de sac, nous marchons au hasard, suivant celles qui nous plaisent.
Nous faisons une pause dans un café avec une terrasse en hauteur, cela nous permet d’admirer la ville de haut et de nous rafraîchir.
Se questionnant sur les raisons de ce bleu, Najib nous dit avoir lu que la tradition remonterait à l’installation de réfugiés Juifs au 15e siècle. Ils peignaient leurs maisons en bleu pour symboliser le ciel et le divin. Mais d’autres théories sont données, comme le fait que cela aide à éloigner les moustiques, gardent les maisons fraîches et bien sûr attire les touristes.


Pour rejoindre le van, nous empruntons ce qui semble être la rue principale, encore plus de bleu et les petites ruelles sont décorées par les locaux, cela offre de belles images, mais ils demandent des sous pour chaque photo. Tant pis, les premières étaient plus authentiques et cela nous a suffit. De retour au van, nous payons le gardien et roulons environ 10 minutes pour rejoindre un spot.

Volubilis, site archéologique
Nous roulons trois heures, à travers les montagnes puis les plaines, les paysages défilent. De la terre noire, des cultures et tellement de déchets sur le bord de route. Par moments, les plaines s’étendent à perte de vue, c’est impressionnant.
Par ci par là, des ânes et quelques troupeaux de moutons. Nous traversons des villages, où se trouvent des huileries, les gens viennent avec leurs olives et repartent avec des bidons d’huile d’olives. Devant certaines huileries, il y a foule et le marché permet d’acheter tout le nécessaire, bidons et même olives. L’odeur qui plane dans l’air autour de ces lieux est agréable.
Nous arrivons à destination vers 16h, alors nous décidons de visiter le site archéologique déjà aujourd’hui. Volubilis a été la capitale du royaume de Maurétanie puis une ville romaine importante. Le site est exceptionnellement bien conservé, inscrit au patrimoine mondiale de UNESCO en 1997. Nous allons découvrir l’arc de triomphe de Caracolla, le temple de Jupiter, le forum, la basilique et les thermes.


Après avoir dit non pour une visite guidée, même si cela peux se révéler très intéressant, nous déambulons à notre rythme entre les ruines. C’est cela qu’on aime, marcher, observer, s’imprégner des lieux, imaginer ce que devait être la vie à cette époque.
Les ruines sont incroyables, surtout les sols en mosaïque, leur conservation est surprenante. Pendant une heure, nous prenons notre temps admirons les lieux, alors que le soleil commence à descendre à l’horizon, donnant une lumière magnifique à travers les colonnes.

Casablanca
Nous partons direction Casablanca, elle est la capitale économique du pays et la plus grande ville par sa population.
Nous avons environ 2h30 de route. Celle-ci traverse quelques collines à la terre rouge puis nous rejoignons l’autoroute. ça sera très agréable, car le bitume est plat, il n’y a pas de contrôle de police, ni de gens marchant au milieu de la route, de plus le péage reste très correct.
Pendant que Najib nous emmène plus bas dans ce pays, je tente d’enseigner de nouvelles choses à notre fille, via les cours de Pass éducation, cela occupe bien le temps. L’autoroute passe près de Rabat, nous aurons un aperçu de son université, je suis impressionnée par son architecture et son modernisme. Il est vrai que plus on s’approche de Casablanca, puis les constructions changent.
L’adresse entrée dans le GPS est celle des Grands-Parents, malgré une visite en 2007, je ne reconnais rien, ça s’est tellement développé. Il y a énormément de circulation, nous tournons un peu en rond afin de trouver une place de parc, c’est finalement dans les rues derrière les maisons que nous en trouvons une.

Afin d’attendre l’arrivée de Karim, le frère de Najib, nous allons au bout de la rue dans le restaurant Kyoto, un club sandwich et un thé nous comblerons. Mon beau-frère nous rejoint, cela nous fait tellement plaisir de le voir, de plus là dans cette énorme ville où il vit depuis maintenant 4 ans.
Nous sommes rejoins par Karim, l’oncle, il nous propose de boire un café, puis nous traversons la route pour nous rendre chez les Grands-Parents. Il y a un restaurant maintenant au rez-de-chaussée de la maison, nous sommes accueilli par la sœur qui nous conduit auprès du Grand-Papa, il a 100 ans, ou plus ou moins. La Grand-maman est pleine d’énergie et nous accueille avec beaucoup de plaisir.
Ils ne parlent que l’arabe, alors Karim nous traduit, l’échange est chouette, elle a vu notre van dans la rue et le trouve très beau.


Nous restons à Casablanca jusqu’au 28.12, cela va nous permettre de passer un peu de temps avec Karim, il va nous montrer son quartier, c’est chouette de voir son environnement.
Cela va aussi nous permettre de changer la pompe auxiliaire qui a décidé de nous lâcher.
Casablanca va se révéler être la ville de tous les contrastes, entre terrains vagues remplie de détritus où parfois quelques vaches ou moutons mangent et quartiers aux buildings moderne, en traversant la ville et ses environs, nous passons d’un monde à l’autre.

Sur la route
Premiers bivouacs au Maroc
Première nuit au bord d’un lac
Nous voilà au Maroc, incroyable, nous y sommes vraiment. Les premiers kilomètres se font à travers les montagnes, Najib se concentre sur la circulation et moi je tente de réaliser que nous sommes bien là. Une drôle de sensation, j’ai tellement rêvé de ce moment, je l’ai tellement imaginer, que je ne sais que faire des émotions qui me submergent.
Je tente de rester focaliser sur ce qui nous entoure, sur ce nouveau pays qui se dessine. Najib suit le GPS pendant environ 1h30 pour nous mener au bord d’un lac, nous découvrons l’endroit alors que le soleil se couche sur les montagnes, c’est magnifique.
Le lieu est connu, de loin nous avons vu qu’il était fréquenté mais se sont des Marocains, ils resterons jusqu’au coucher du soleil. Nous parquons le van près de l’eau, le temps du repas. Alors que la nuit s’installe nous nous régalons, deux chiens demandent des restes.

Pour la nuit, nous nous déplaçons afin de ne pas être trop près de l’eau. Vers l’entrée du terrain, se trouve un café, nous nous parquons vers les tables et allons saluer les propriétaires. Ils nous répondent que oui nous pouvons dormir là et que si nous avons besoin de quelque chose, ils sont là.
La nuit sera mouvementée, il y a de très nombreux chiens dans les alentours, ils passeront la nuit à aboyer.
Le réveil a lieu vers 8h, Najib nous prépare œufs au plat, thé et café, que nous dégustons emmitoufler, car il fait frais. Rapidement des chats nous entourent afin de voir s’ils peuvent recevoir à manger, ils seront vite nombreux, créant un moment unique et drôle. Les chiens de cette nuit viendront aussi, mais ils sont moins nombreux.

Alors que nous sommes entrain de manger, un homme approche, il tient ses chaussures à la main et est mouillé jusqu’au torse, il s’approche et tend la main. Il parle arabe et mange ses mots, impossible de comprendre ce qu’il demande, mais il veux qu’on lui donne quelque chose.
Je lui tends une tranche de pain, il la mange en souriant, à côté de nous. Il restera jusqu’à ce que l’homme du café l’appelle puis reviendra plus tard, montrant notre cuisinière et notre bonbonne de gaz qui semble l’intéresser. Il finira par partir appeler par des gens assissent sur la terrasse du café.

Deuxième nuit entre les pins
Nous découvrons un chouette espace sous les pins, il y a de nouveau beaucoup de monde, des gens qui font des feux et d’autres près d’une petite source d’eau. Nous installons le van sous les pins et découvrons notre jardin pour une nuit, il est beau mais jonchez de déchets.
Comme il est encore tôt, nous profitons et installons la douche. Nous prenons le temps de prendre soin de nous et de manger. Alors que le soleil se couche, les gens autour de nous s’en vont, bientôt seul, nous nous installons pour dormir. Vers 20h30, après avoir installer le chauffage, nous nous glissons sous les couvertures.
La nuit sera mitigée, bien que loin les chiens aboient toute la nuit. Je vais me réveiller tôt, alors je patiente un peu puis vers 8h30, je sors de la tente, afin de m’asseoir sur une souche et lire. Dès que le soleil dépasse les cimes, je m’assieds dans son rayon, il me réchauffera rapidement.

Il y a déjà beaucoup de gens qui passent par là, soit pour venir chercher de l’eau, soit juste en suivant ce qui semble être un chemin. Je verrais deux hommes assit sur des ânes.
9h30, Najib et Bella finissent par me rejoindre pour un café au soleil. Alors que nous rangeons gentiment le van, un homme s’approche disant que c’est son terrain et que nous devons payer… évidement nous lui disons non, mais il restera assit près de nous, ce qui nous mettra la pression. Nous tentons de l’ignorer et finissons de nous préparer. Il est déjà midi lorsque nous prenons la route, cette matinée tranquille nous a fait du bien.
Premier camping dans le Nord du Maroc
À la sortie du site archéologique, nous nous asseyons le temps d’un thé à la menthe et de trouver un spot pour ce soir. C’est compliqué ici, car nous sommes près de Meknès, une grande ville, il y a peu de spot et ils sont pas intéressant.
Nous choisissons l’option camping, le Zerhoun Belle Vue, car il est noté correctement et cela nous offre une nuit sans contraintes. Il est proche du site, le lieu est sympa, l’accueil aussi, mais ils nous préviennent qu’il n’y a actuellement pas d’eau chaude, elle reviendra rapidement.
L’homme à l’accueil nous explique que nous sommes dans une zone avec peu d’eau, ils sont ravitaillés mais rarement. Est-ce cela ou le manque de gaz ? Je ne sais pas mais nous serons ravie de pouvoir se laver à l’eau chaude.

Installer au bout du camping avec vue sur les oliviers, nous passons une soirée agréable. Elle commence par l’école puis un peu d’écriture. Et nous resterons un peu plus longtemps dehors, car il fait plus doux. Pas de chauffage pour cette nuit, elle sera douce.
Nous commençons la journée par un petit déjeuner avec le pain vendue par un homme. Il se tient à l’entrée du camping et vends tout sorte d’objets. Il reviendra plus tard, nous demandons un souvenir pour sa fille, Bella lui offrira une poupée LOL.
Premières impressions sur le Nord du Maroc
Mes premières impressions seront mitigés. Il y a la joie de la découverte d’un nouveau pays, de sa culture et des habitants. Niveau paysages, nous verrons de beaux lieux mais tous sont rempli de déchets. Niveau habitants, nous aurons de chouette rencontre comme des doigts d’honneur de la part des enfants en bord de route.
Il y a ces premiers jours de vie en van où nous devons prendre nos marques, trouvez nos nouveaux repères, cela demandent du temps et de la patience.
Le quotidien dans notre maison roulante, nous nous y faisons rapidement car nous avons l’habitude de voyager ainsi.
Mais un nouveau pays demande aussi une adaptation, comme où trouver de l’eau, du gasoil, à manger. Il faut du temps pour s’adapter, l’eau sera étonnement le plus facile, car il y a des fontaines partout dans le nord. De plus l’eau est gratuite, même dans les stations service, les hommes nous proposent de faire le plein et cela sans rien demander en retour.

Des gens vivant au Maroc, nous expliquerons que le Nord est la partie oublié du Maroc, les voyageurs ne s’y arrêtent pas ou peu. Nous ferons de même presser d’arriver à Casablanca et voir la famille.
Pourtant cette région possède les plus grandes villes, mais il faut avouer que ce n’est pas ces lieux qui nous attirent en premier.
Changement de la pompe auxiliaire à Casablanca
La vie sur la route implique aussi des réparations car l’usure du véhicule est inévitable. Un témoin moteur va donc attirer notre attention sur la nécessité de changer la pompe auxiliaire.
Trouver la pièce nous semblera difficile, finalement c’est Karim qui va nous aider et nous trouverons une pièce d’origine. Certes trois fois plus cher que chez nous mais neuve.
Il reste plus qu’à faire le taf, car après avoir fait plusieurs garages, les devis sont élevés et les mécaniciens peu compétent. Il y en a évidement mais il faut les trouver et cela peux demander du temps et de mauvaises expériences, comme en France finalement. Seulement nous n’avons pas autant de temps.
Dans la rue de Dar Bouazza, Bella s’installe sur la couverture dans l’herbe avec la petite table, elle fera de la lecture, de l’écriture et des jeux. Najib place de van sur les cales et se glisse dessous, cela lui prendra deux heures, mais ça sera compliqué à cause du liquide de refroidissement. Il espérait pouvoir fermer les conduits mais il s’écoulera, nous le récupérons comme on peux car nous n’en avons pas de rechange.

Épuisé, il finira par y arriver, nous filtrons le liquide et constatons qu’il y en a juste assez pour rouler, ouf. Mais il va falloir en acheter et rapidement. Najib est couvert de liquide et il nous est impossible de nous doucher au milieu de la rue alors il va se rincer comme il peux.
Rencontres
L’heure tourne, il est déjà 17h30, nous repartons car on ne souhaite pas rouler de nuit dans Casablanca. Nous prenons la direction d’un parking en bord de mer où Karim a déjà vu des camping-car, y parvenir sera compliqué car la circulation est dense et irrespectueuse.
À notre arrivée alors que le soleil se couche, le gardien nous interdit l’accès, il nous explique que la police interdit les camping-cars. Bon, nous prenons la direction de Dar Bouazza, sur park4night, Najib a repéré un emplacement dans une rue devant la maison de voyageurs.
De retour d’un voyage de 2 ans sur la Panaméricaine, au mois d’août, ils ont inscrit leur maison sur l’appli afin d’accueillir des voyageurs. Nous arrivons alors que la nuit s’installe, avertit à l’avance de notre arrivée, Alex sort et nous accueille.
Il nous indique la place devant sa maison, la rue est calme, le quartier aussi, nous pouvons dormir sans risque de se faire chasser. Nous discutons un peu le temps de faire connaissance, sa femme et ses deux enfants nous rejoignent. 20H, ils rentrent car il y a école demain, dans le petit carré d’herbe nous pique-niquons puis on s’installe pour la nuit.
Nous resterons trois nuits, au calme dans le quartier, cela nous permet de savoir que le van est à l’abri pendant que nous prenons le taxi ou que Karim nous accompagne en ville.

Cela nous offre un coin d’herbe pour cuisiner, un bout de trottoir pour les réparations à faire sur le van et même une douche offerte par la famille.
Et surtout cela va nous offrir un super échange avec une famille qui vient de vivre le voyage que l’on souhaite tant faire et ça c’est précieux. Leur nom sur Instagram est les Rolling Babouche, https://www.instagram.com/rolling_babouche/ . Ils ont deux enfants dont un garçon du même âge que notre fille, pour elle aussi l’échange sera riche.

Après cette première étape et ces découvertes, nous continuons notre voyage le long de la côte atlantique.
Le pays a encore tant de choses à nous montrer et à nous faire vivre.
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Pierre Fillit
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