Mon aventure inoubliable: le tour du lac de Neuchâtel à pied en 4 jours
Une aventure entre lac et roseaux.
4 jours pour faire le tour du lac de Neuchâtel à pied.
Envie d’une belle échappée nature sans partir au bout du monde ? Le tour du lac de Neuchâtel auprès duquel j’ai grandi, m’offre de nouvelles découvertes sur des terres si parcourues. Tant de chemins emprunter lors d’une balade du dimanche, qui mène toujours à opérer un demi-tour par manque de temps. Cette fois, je peux explorer les chemins jusqu’au bout et découvrir des merveilles caché si près de chez moi. Découvrir des plages secrets, admirer la faune et la flore tout en accumulant les kilomètres afin de relever ce défi physique. Et me déconnecter du quotidien tout en réalisant un projet.

Jour 1 : Neuchâtel – Concise 31 km
C’est un matin du mois d’août que commence cette aventure. Mon Mari me dépose à Neuchâtel avec ma fille en allant travailler. Après un café avec mes Parents sur la place Pury, ma fille s’en va avec eux. J’ai deux jours devant moi pour relever la moitié de la traversée.

Quelques pas et le défi commence au pied de la passerelle de l’Utopie. Le chemin suit les rives du lac, je pourrai admirer des pécheurs. Je longe les bâtiments de Philip Morris puis quitte le chemin bétonné pour un sentier entre le bord de l’eau et la forêt. Il fait frais dans leurs ombres c’est agréable.
Auvernier
Se suivent les plages d’Auvernier, de Cortaillod puis la Grande Béroche, les kilomètres commencent à s’accumuler. Toujours proche de l’eau, je traverse des propriétés privé. Il y a un droit de passage et donc un chemin mais cela fait un peu bizarre de rentrer chez les gens. Beaucoup de plages privé sont vides, me permettant de profiter de la nature. Parfois un bonjour à une personne profitant de ces lieux privilégier. Des pauses me permettent de tenir et de déposer mes pieds dans l’eau fraiche, c’est agréable. La végétation est dense par endroits, le clapotis de l’eau accompagne mes pas, cette balade me plait énormément.

Boudry
Sur ce versant du lac, il y a beaucoup de vignes, le raisin est mur et sens si bon, je dois me retenir pour ne pas craquer et le gouter. C’est en fin d’après-midi que je rejoins la plage du village de Concise. Mes pieds ne veulent plus avancer, alors je m’arrête. Je patienterai un peu, coucher dans l’herbe sous les arbres. En attendant que mon Mari finisse sa journée de travail et vienne me chercher. Nous passerons une agréable soirée et nuit parquer sur les hauteurs avec le van. La vue sur le lac est magnifique. C’est la première fois que je marche autant de kilomètres dans une journée.

Jour 2 : Concise – Cheyres 25 km
Réveiller tôt car mon Mari doit retourner travailler, il me dépose sur la plage de la veille. Ainsi je reprends au même endroit et quitte Concise en m’enfonçant dans la forêt. Je vais traverser encore quelques quartiers de maisons les pieds dans l’eau. Puis approchant de la ville de Grandson, le sentier continue dans la forêt pour en ressortir au niveau de la plage d’Yverdon. C’est chouette car je vais passer près des menhirs de Clendy ainsi je pourrai les admirer encore.

Ensuite commence la traversée de la Grande Cariçaie qui va s’étendre sur toute la rive du lac. Pour cela je traverse le Centre Pro Natura de Champ-Pittet afin de rejoindre le chemin longeant les marais. Sur ma gauche le paysage sauvage est magnifique, sur ma droite une route bien fréquenter. Ce tronçon fait 6 km, cela va me paraitre long car je suis en plein soleil. J’ai chaud et mes pieds sont douloureux. Connaissant bien ce parcours, je peine à y voir de l’émerveillement face à la nature. Et mon corps rouspète trop fort.

Yvonand
Je parviendrai à rejoindre Yvonand où je ferais une pause en mangeant. Cela me permet de recharger mes batteries et me donne envie de reprendre. Le dernier tracé que je ferai me mènera au village de Cheyres. Je marche au milieu de la végétation, c’est toujours aussi beau, mais je ressens le besoin de m’arrêter. Mon Mari viendra me chercher à Cheyres, se termine ainsi cette première partie.

Je suis heureuse de ce que j’ai parcourus et des paysages que j’ai traversé. Pouvoir regarder le lac et la rive en face en me disant ce matin c’est là que j’étais, me remplis de fierté et de reconnaissance.
Une pause
La deuxième partie de ce voyage était planifié sur les vacances d’automne. Pour des raisons de santé, je ne pourrai pas le faire. Voyons les mois passés et mon état se péjorer, j’ai pensé que ce défi en resterait là. Mais c’était sans compter sur un traitement efficace et mon envie farouche d’y arriver.
C’est donc avec beaucoup de joie mais aussi de l’appréhension que je me lance pour la deuxième étape, 20 mois plus tard. Prête à relever le défi et analyser ce que mon corps et mes muscles sont capable d’encaisser.

Jour 3 : Cheyres – Cudrefin 31 km
Cette journée commence tôt, mon Mari me dépose à la gare en allant travailler. Pour rejoindre Cheyres, je prends trois trains différents et j’y serai pour 8h45, commence alors la marche. J’appréhende un peu, car je ne sais pas comment mon corps va gérer l’effort et je suis seule sur ce projet. Ce qui me rassure est que je peux toujours reprendre le train est rentrer.

C’est partit, je traverse le village et me retrouve rapidement seule sur un sentier traversant la zone protégée de la Grande Cariçaie. Elle s’étend sur tout la rive sud-est du lac et abrite un quart de la faune et la flore de Suisse. Cela est à mes yeux un des plus beaux paysages de Suisse. J’y marcherai toute la journée, découvrant des merveilles.
Des panneaux accompagnent ma promenade et m’en apprennent plus sur la faune et la flore. Tout le long des chemins, des écriteaux me rappelle l’importance de ne pas sortir de ceux-ci afin de préserver la nature et continuer à l’admirer.

Le brouillard va m’accompagner ce matin donnant à l’environnement une atmosphère de mystère. Le soleil sera rapidement de la partie au point que mon visage prendra des couleurs. Le chant des oiseaux est puissant dans cette zone loin de la civilisation, seul le train suit les berges du lac jusqu’à Font puis je suis à nouveau seule.
Le chemin est situer loin des berges car les marais lacustre prennent toute la place. De petits sentiers aménagés permettent de rejoindre parfois un poste d’observation, parfois une petite plage secrète, ces lieux sont magiques.
Estavayer-le-lac
Vers 10h30, j’arrive à Estavayer-le-Lac, cette jolie ville a une place particulière dans mon cœur. J’ai grandi près d’elle et les souvenirs heureux y sont multiples. Je continue de longer le lac, ce qui me fait passer au pied des falaises. Le château de toute sa hauteur domine les plages.


J’avance dans la réserve des Grèves de la Corbière, zone situer entre Estavayer et Chevroux. Le chemin longe les jardins des maisons du lac. Petites maisons de rêve, les pieds dans l’eau, j’en ai vu tellement lors de ce tour du lac. Des très luxueuses comme de petites cabanes, mais toujours avec cet accès au lac et cet environnement enchanteur.
Puis je serai à nouveau seule sur le sentier au milieu de la pinède alluviale, constituer principalement du pin Sylvestre. Je verrai aussi le Genévrier commun, certains arbustes ont plus de 100 ans. Bien que les lieux regorgent de vie, ce sont surtout des grenouilles que je verrai, installer dans l’herbe, elles sautent dans l’eau à mon approche.

Chevroux
A Chevroux, je m’arrête le temps de manger, pour cela je longe le parking des bateaux afin de rejoindre le port et la plage. Assisse sur le ponton, la vue sur le Jura est splendide. Les champs de colza offrent des taches jaunes qui colorent le paysage. Déjà 3heures de marches, les pieds apprécient la pause.

La zone suivante entre Chevroux et Portalban est la réserve des Grèves d’Ostende qui s’étend sur 500 hectares. A nouveau le chemin est situer loin des rives car elles sont recouvertes de roseaux. De part sa surface, elle est un lieu idéal pour les oiseaux des marais. Arriver à Gletterens, le chemin passe au-dessus du village, ce qui me fera prendre la mauvaise direction. Je m’en rends vite compte et rebrousse chemin afin de retrouver les marais.

Portalban
Arriver à la grande plage de Portalban, je fais à nouveau une pause, car mon corps commence à fatiguer. Puis je rentre dans la réserve des Grèves de la Motte, celle-ci s’étend jusqu’à Cudrefin, ma destination finale. Le sentier longe d’abord quelques maisons puis un ponton passe sur le lac, l’endroit est splendide.
Puis à nouveau il s’écarte des rives. Sur ma gauche, de vastes prairies marécageuses s’offrent à moi, les Rainettes vertes chantent. Sur ma droite, la forêt de pins m’offre un peu d’ombre. A nouveau, des sentiers permettent de rejoindre des plages cachés et d’admirer de plus près la végétation. Le dernier bout se fera sur un sentier très boueux, mes pieds fatiguer glissent, ralentissant mon allure.

Cudrefin
16h30, je suis arrivé à Cudrefin, il me reste à traverser le village afin de rejoindre le camping. Un tour chez Denner me permet d’acheter à manger pour mon souper et la journée de demain. Car bien que je voyage avec un sac cette fois, j’ai tenté de le rendre le plus léger possible. A la réception, une jeune femme me questionne sur ma balade puis me confie la clé du Pod.
C’est une petite structure en bois contenant deux lits, pour la somme de 61.50 CHF taxe comprise. J’ai le luxe de dormir dans un lit dans un lieu chauffer. Cette toute petite maison va m’apporter un grand confort, de plus le camping situer sur les rives du lac a une plage, j’y passerai la soirée.
Jour 4 : Cudrefin – Neuchâtel 22 km
C’est sous la pluie que débute cette journée, mes muscles rouspètent, mais une fois chaud, ils se tairont. Je reprends le sentier du lac au fond du camping derrière la zone des campings car. Devant moi se trouve un petit sentier dans les hautes herbes entourer d’arbres. La réserve de Cudrefin s’étend jusqu’à La Sauge et la rivière La Broye. C’est un lieu très connu des ornithologues pour sa zone littorale peu profonde et ses bancs de sable qui attirent les oiseaux. A nouveau le sentier est en ligne droite et sur les côtés des chemins permettent de rejoindre des sites d’observations.

Comme je viens de partir, la pluie ne me dérange pas, au contraire elle donne un aspect différent à la nature qui m’entoure. Il est rare que je marche dans ces conditions. Du moment que je n’ai pas froid, il est vrai que j’aime marcher sous la pluie, nous l’avons fait pendant des heures en Asie. Seul le capuchon atténue le chant des oiseaux et limite la vision.
Malheureusement je découvre que mes chaussures de marche que je traine depuis quelques années, ne sont plus imperméable. Mes pieds sont donc mouiller… et humidité rime avec frottements. Autant les douleurs musculaires sont un aspect que je gère très bien de par les douleurs endurer ces dernières années avec ma maladie. Autant celles du aux frottements vont dégrader mon endurance.
Canal de la Broye
Une fois le canal de La Broye passer, je vais réussir à prendre le mauvais chemin. Le bonhomme sur les panneaux jaunes, n’apparait pas où je le cherche. Cela me fera faire un détour, rien de bien conséquent, mais entre le chemin qui s’éloigne du lac, la pluie et les frottements, cela me décourage. J’ai envie d’une pause, seulement pas sous la pluie et je ne trouve pas d’endroits à l’abri. Donc je continue, à un moment je retombe sur les panneaux jaunes. Etonnement, il semble que je vienne de la bonne direction… Pas d’importance je suis à nouveau près du lac et la Thielle se profile devant moi.

La Tène
Je serai rapidement à la Tène, m’arrêtant devant les panneaux indiquant les directions et le temps pour les effectuer. Cela fait parfois du bien de savoir combien il reste. Une femme m’accoste et nous partageons quelques mots sur cette belle région. Elle me confie avec joie que le chemin est maintenant officiellement ouvert. C’est donc avec bonheur que je découvre que je n’ai pas à passer par la ville de Saint-Blaise mais que je peux traverser le parc du Centre Neuchâtelois de Psychiatrie.

Cela change tout de marcher dans un parc ou dans une ville, et je reprends courage. La traversée du parc sera magique, le lieu est splendide et bien aménager. Evidemment toute la portion entre la Tène et le port de Saint-Blaise sont des terrains privé. Donc nous avons juste un droit de passage, mais cela ne m’empêche pas d’admirer le paysage. Arrivé à un banc, je tente de faire une pause pour manger car il est midi, mais la pluie ne cesse pas, alors je mange rapidement et repars. 30 minutes plus tard, le soleil s’installe et restera pour le reste de la journée.
Neuchâtel
De la Tène à la place Pury de Neuchâtel, mon point de départ et donc d’arrivée, le chemin suit les rives du lac. S’enchainent ports, plages, parcs et rives bétonnés. Le chemin est beau mais bien différent de ce matin ou de la veille. Je croise plusieurs marcheurs puis une fois en ville de nombreuses personnes profitent des bancs et du soleil.

Ces derniers kilomètres sont difficiles. J’ai mal aux pieds mais je reprends une allure plus rythmer, si heureuse d’arriver au bout de ce défi. Au loin, j’aperçois la passerelle de l’Utopie, j’y suis, j’ai réussi. Je pose mon sac et m’assied au milieu des gens. La première chose que je fais c’est enlever mes chaussures afin de sécher mes pieds au soleil. Puis je prends le temps de réaliser que j’ai réussi. Mon corps a non seulement tenu le coup mais à en plus je me suis éclatée à découvrir ces lieux sous un autre regard.
Conseils pratiques
La période
La première partie a été réaliser mi-août, il a fait chaud, mais étant au bord de l’eau cela a été gérable. Pour la deuxième partie, c’était mi-avril, malgré la pluie, la température a été idéale, mais pas de baignade. Pour les deux fois, j’ai pris des coups de soleil, alors n’oubliez pas votre crème solaire.

Hébergements
J’ai pu bénéficier d’une nuit en van et d’une nuit au camping. Vous en trouverez un dans toutes les villes et villages entourant le lac. Il est donc facile de choisir la distance qui nous convient et de faire le nombre d’étapes nécessaire. Le camping sauvage est totalement interdit étant donné que vous traversez soit des terrains privé soit des zones protégées.

Nourriture et boissons
Dans tous les ports, j’ai trouvé des toilettes, afin de faire le plein d’eau. Toujours propres c’est un vrai confort. Dans les villages, se trouve de petits magasins, afin de faire le plein de barres céréales.

Equipement
Cela est propre à chacun, selon nos habitudes et nos corps. De bonnes chaussures et des habits confortables semblent évident. Mais ayant peu l’habitude de marcher autant, certain détails sont ressortit, comme le fait que mes chaussures n’étaient plus imperméable. Un power bank car le téléphone se décharge vite s’il faut utiliser le GPS, comme si vous écoutez de la musique plusieurs heures. Des bâtons de marche si cela vous aide. Et bien sûr de quoi immortaliser les découvertes.
Pour plus d’informations sur la région: https://grande-caricaie.ch/fr/accueil/
N’abandonne jamais ! garde tes pensées et ton esprit fixés sur ton but, tu es capable de tout faire si tu l’as décidé.
Lac de Neuchâtel 2025
Tu est d’une rare résilience d’une force difficilement perceptible par ceux qui ne te connaissent pas, moi je le sais et suis jour après jour ébloui par ta détermination
Merci pour ce message si touchant