Road Trip au Maroc entre potes – épisode 3 : Ouarzazate, Atlas, cascades d’Ouzoud et un retour sur Tanger pour la fin du voyage
Pour finaliser ce road trip au Maroc entre potes, épisode 3, nous retrouvons un couple d’amis à Ouarzazate. Ils ont un VW T7 et sont au Maroc pour en tester l’équipement, nous allons faire un bout de route ensemble.
L’Atlas est un massif montagneux, culminant à 4167 mètres, et s’étendant sur 2 500 kilomètres. Il forme une barrière entre la mer Méditerranée et le Sahara. L’Atlas traverse trois pays : l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.
Road Trip au Maroc entre potes épisode 3
Pour ces dernières découvertes au Maroc, nous faisons quelques kilomètres avec Aurélie et Julien. Nous avons fait leur connaissance, il y a plusieurs années à travers le matériel que Julien vend via JHKoncept.
Grâce à lui, nous avons équipé notre van, afin de pouvoir sortir des sentiers battus avec notre VW Transporter T5 et nous amuser en toute sécurité.
Découvrir son matériel et ses tests réalisés sur les pistes du Maroc : https://www.jh-koncept.fr/

Retrouvailles avec Aurélie et Julien
Nous prenons la direction de Ouarzazate, et allons attendre Julien et Aurélie devant l’hôtel où est resté le T7 pendant leur retour en France. Ils ont pris l’avion ce matin, comme nous devons attendre un peu, je m’assieds sur un coin de trottoir avec Bella et nous faisons de l’école.
Julien finira par nous appeler car nous ne sommes pas devant le bon hôtel, le sien est quelques mètres plus loin. Nous y allons et sommes contents de les retrouver là au Maroc, nous discutons en prenant des nouvelles les uns des autres.
Le lac de Ouarzazate et sa boue
Il est déjà midi et nous ne savons pas encore la suite du programme et afin de leur laisser le temps d’arriver, nous décidons de trouver un spot pour manger. Nous roulons pour rejoindre les berges du lac du barrage El Mansour Eddahbi, un peu de piste nous conduit proche de l’eau. Assis au soleil, nous mangeons.
Nous discutons du tracé de ces prochains jours. Comme nous souhaitons aussi monter vers le nord, c’est parfait, Najib propose la traversée de l’Atlas via la N23 puis la visite des chutes d’Ouzoud le lendemain, le programme est validé, nous rangeons.

Un plantage et l’occasion d’utiliser le treuil
Avant de partir, Najib émet l’idée qu’une photo du T7 sur l’îlot serait sympa. Julien s’exécute, l’aller se fait en glissant mais sans peine, il parque le van au milieu du petit îlot, cela donne en effet de belles photos. Pour le retour, il décide de passer à côté de ses traces, à peine quelques mètres et le van s’enfonce dans la boue…
Bon, voilà, c’est fait, il ne reste plus qu’à le sortir de là. Julien n’est pas vraiment inquiet vu que nous avons un treuil, Najib place notre van face à lui, mais loin, refusant de poser les roues sur cette partie du sol blanchâtre, conscient qu’avec son poids, il risque de s’enfoncer à son tour.
Julien creuse afin de poser les plaques de désensablage, je l’aide comme je peux, puis il cherche le crochet de remorquage. Avec effroi, il réalise que ceux qui ont fait l’aménagement du van, ne l’ont pas remis dans le véhicule, il les appelle, et reçoit la confirmation que le crochet est à l’atelier…
Pas d’anneau de remorquage
Bon, cette fois c’est la merde, il creuse encore puis tente de monter le véhicule sur les plaques, c’est une boîte automatique et le van est truffé d’électronique, rien ne se passe… Il va nous falloir quatre heures et un treuil fixé sur le pare-chocs avant pour pouvoir le sortir de là… Deux fois le van se déplace mais se renfonce, je n’y crois plus, mais on finira par y arriver et le par chocs bien que déformé ne s’arrachera pas, heureusement.
Pendant tout ce temps, on tente de sourire et de rire car au final il y a toujours une solution. Enfin le T7 est sorti, nous cherchons les 10 plaques de désensablage utilisées et tentons de les nettoyer avant de les remettre sur nos véhicules, la boue colle partout mais sèche très vite sur mes mains avec le soleil. Nous réalisons qu’il en manque une, je découvre qu’il est donc possible d’enterrer complétement une plaque en sortant un véhicule.
Avec des rires, nous faisons des fouilles enfin Julien surtout et il finit par la retrouver, il va devoir creuser encore pour la sortir de là. Alors que le soleil se couche rapidement à l’horizon, nous finissons de ranger et décidons de dormir un peu plus loin.

Un pneu crevé
Encore une mauvaise idée: Najib prend la piste mais la perd rapidement par manque de visibilité. En montant sur un petit talus, le van penche fortement à cause du manque de vitesse, Najib braque pour le redresser et redescend avec un virage serré.
Cela le fait rouler sur des arbustes, ça frotte, ça gratte et surtout cela me fait peur, mais tout va bien, il n’a même pas levé la patte. Nous tentons de retrouver la piste, impossible, il fait nuit maintenant… Nous retournons là où nous avons mangé et nous nous s’installons le plus à plat possible pour la nuit.
Najib pousse un « oh, non », dont je n’aime pas l’intonation, en effet, nous avons crevé un pneu, l’arrière droit à nouveau. Un morceau de bois a déchiré le flanc, c’est un bout d’arbuste que nous avons traversé. Julien sort ses outils car il est mieux équipé que nous et nous change le pneu rapidement, une fois qu’il aura réussi à soulever le van. Je suis contente d’avoir une roue de secours mais celle-ci a une mèche donc nous allons devoir racheter des pneus, mais on verra cela en Espagne.
Voilà, le pneu est changé et nous sommes installés, Aurélie sort le gin mélangé au limoncello et eau gazeuse. Cela va nous détendre et nous aidera à relativiser sur cette journée. Comme on nous le dit souvent: « Ainsi tu as quelque chose à raconter ». Mais je dois avouer que je préfère conter les paysages que les problèmes avec les véhicules.

Col dans l’Atlas N23
Nous prenons la direction de la ville de Demnate. La route traverse la plaine et arrive aux pieds de l’Atlas, rapidement elle se rétrécit, cela ne nous surprend pas, c’est souvent le cas. Nous commençons à monter, la vue sur la plaine est magnifique. Soudain la route disparaît, des travaux sont en cours pour l’élargir et la première étape est de creuser la montagne autour.
Cela transforme la route en piste et sur des kilomètres, je me dis que s’ils sont en train de l’améliorer, à un moment nous allons découvrir une route toute belle, elle va se faire attendre. Entre l’attention demandée par la piste et les paysages à couper le souffle, cette balade va beaucoup nous solliciter.

Par moments, nous plaisantons sur le fait qu’elle soit indiquée comme nationale, cela permet de réduire mon stress. Nous faisons de nombreux arrêts pour immortaliser ces paysages magnifiques, la roche offre de multiples couleurs, la neige au sommet brille dans les rayons du soleil, la couleur de la piste change en fonction des terres que nous traversons. Nous verrons quelques villages, des arbres fruitiers en fleurs, des ruisseaux et même un oued que nous devons traverser.

Arrivés à ses abords, nous nous arrêtons ne connaissons pas la profondeur, un scooter arrive en face, nous lui faisons signe de passer avant nous. Il passe donc nous aussi, on s’élance, tout se passe bien, à part la prise d’images qui ne représente pas ce que nous avons vécu, dommage.
Lorsque nous retrouvons la route qui vient d’être refaite, je suis soulagée, elle est large et goudronnée, je me dis que cela va faciliter le reste du voyage. Mais cela n’a pas duré, car elle a beau être neuve, à de multiples endroits, elle est détruite soit par l’eau soit par des éboulements. Cela nous fera vivre des moments difficiles, mais qui vont rester gravés comme des moments incroyables.
Même la fois où je sors du van pour enlever la pierre sur la route et que d’autres tombent de la falaise, heureusement des petites, mais cela nous fera démarrer en trombe.

La route monte et descend entre les sommets des montagnes, nous continuons à admirer le paysage et on fera même une bataille de boules de neige en t-shirt pour la plus grande joie de Bella. Arrivés sur l’autre versant, la vue sur les plaines est magnifique, tout est si vert.
Nous avons mis environ 4h15 pour effectuer 209 km et rejoindre la ville de Demnate, nous y faisons un arrêt pour acheter du pain. Puis nous nous arrêtons à la sortie de la ville pour grignoter et attendre Julien et Aurélie. Avant de commencer le col, Julien nous avait informés de son besoin de mettre du diesel, comme il n’y avait rien sur la route, ils ont fait un aller-retour à Ouarzazate et ont quand même réussi à nous rattraper.
Les cascades de Ouzoud
Nous les découvrons vers 10h, il y a peu de monde, cela nous permet de profiter du lieu paisiblement, en dehors des guides qui nous demandent sans cesse de les suivre. Du bord de la falaise, les cascades sont impressionnantes, surtout après toutes ces semaines avec peu d’eau dans notre environnement.
Nous les admirons puis passons le pont pour les voir de l’autre côté, des singes s’approchent, habitués à être nourris, ils ne sont pas timides. Avec Bella, nous les regardons et les photographions mais sans nous en approcher, cela reste des animaux sauvages. Nous contemplons les chutes, Julien nous partage sa première venue ici avec son père lorsqu’il était enfant. Après avoir partagé encore un peu sur notre visite du Maroc et notre ressenti, nous reprenons le chemin des vans.


Un au revoir et à bientôt
Devant un restaurant, nous disons au revoir à Aurélie et Julien, il nous indique ce qui serait bien de changer sur le van avant notre grand départ pour améliorer les conditions de route, on se donne rendez-vous en avril.

Un retour rapide sur Tanger
Il est temps pour nous de quitter le Maroc, nous commençons donc la remontée vers Tanger. Najib choisit la route qui passe par Meknès, ainsi cela change un peu, c’est sympa. Il est environ 11h lorsque nous quittons Ouzoud, la route grimpe dans la montagne puis redescend dans une vallée très verte, nous la traversons puis remontons dans la montagne. Cela nous offre à chaque fois des vues magnifiques, nous prenons le temps de nous arrêter et de les admirer.
A Beni Mellal, nous nous arrêtons dans un magasin afin de faire des courses, le bateau est prévu pour mercredi, alors il nous faut de quoi manger d’ici là et nous pouvons acheter un pique-nique pour midi. Nous reprenons la route, je prépare les sandwichs et nous mangeons tout en continuant.

Un contrôle de police qui tourne au vinaigre
Arrivant à un contrôle de police, nous freinons et nous nous mettons à gauche car il n’y a plus qu’une voie. Un homme arrive à grande vitesse et force le passage pour se mettre devant nous, Najib klaxonne. Arrivé devant les deux policiers, l’homme s’arrête nous montre du doigt et explique quelque chose, le policier lui fait signe d’avancer, notre tour vient, Najib donne sa version des faits et indique la caméra dans le rétroviseur.
Le policier acquiesce et nous fait signe de passer, Najib avance mais l’homme devant nous s’arrête dans le rond-point et sort de sa voiture, visiblement fâché que la police ne nous embête pas. Tout de suite, les deux autres policiers arrivent et photographient l’homme et sa voiture, ils lui demandent de se garer sur le côté et nous font signe de partir, ce que nous faisons.
Changement de direction
Mais à cause de la situation, nous allons tout droit alors qu’il fallait tourner, du coup au rond-point suivant, nous nous arrêtons, mettant ainsi de la distance entre nous et l’homme. Najib fait demi-tour et nous reprenons la route selon ce qu’indique le GPS. Une fois sur l’autoroute, Najib va réaliser que le tracé a changé et nous fait prendre la route via Casablanca, ce que nous ne voulions pas, mais c’est trop tard pour faire demi-tour, alors on roule.
Énervé et soûlé par la situation, Najib souhaite rouler jusqu’au camping noté près de Tanger, il nous reste 4h30 de route… Il fini par dire que si jamais, il n’en peux plus, on s’arrêtera avant. Sur l’autoroute les kilomètres défilent vite, les péages sont nombreux cela nous fait ralentir. Arrivés vers Casablanca, nous apercevons un ciel saturé de pollution, une fois que l’on s’y enfonce, l’air change d’odeur.
À Rabat, nous pouvons à nouveau admirer l’université et son architecture, puis dès Kénitra, c’est le reste des inondations subies il y a peu qui vont nous impressionner. Ce sont presque des lacs par endroits qui occupent des champs et cela depuis déjà des jours. On continue à avancer, le pare-brise est crépi de moustiques alors que le soleil teinte le ciel.
Il est 18h15 lorsque nous quittons l’autoroute pour arriver dans une ville sur le bord de l’océan. La ville est vide, en cette période de ramadan, ils sont tous en train de manger, créant un calme absolu et perturbant dans les rues. Il fait nuit noire lorsque nous arrivons au camping, nous sommes accueillis par des statues d’animaux, girafes, zèbres et éléphants nous regardent. Un couple passant par là, nous leur demandons où est la réception. Avec un accent vaudois à couper au couteau, ils nous indiquent où elle est.
Mais il n’y a personne, alors on s’engage dans le camping, et je suis soulagée de découvrir qu’il y a beaucoup de place libre. Un employé nous salue et nous laisse nous installer, nous choisissons ce qui semble être un emplacement sympa contre le mur qui nous offre un peu d’intimité.

Changement de date pour le bateau
Etant déjà près de Tanger, nous n’avons pas envie d’attendre deux jours dans un camping mais si nous avons besoin de nous reposer. Alors Najib envoie un mail afin de demander un changement de date pour le retour. Il demande le soir même ou le lendemain, la réponse arrive en moins d’une heure, nous avons des billets pour le soir même à 20h.
Pour découvrir notre traversée, voici l’article qui en parle : Traversée Espagne Maroc en van aménagé : ferry Algésiras Tanger, conseils et expérience
Dernière journée au Maroc
Vers midi, nous sommes prêts et quittons notre dernier camping marocain, nous partons pour Tanger, le premier arrêt sera à la station-service pour faire le plein du van, du jerrican et du réservoir du chauffage. Pour cela, je me mets debout sur le bord de la fenêtre et le remplis directement avec le pistolet, un moment rigolo.
Lavage du van
Nous continuons à rouler direction Tanger et nous nous arrêtons dans un lavage de voiture, Najib aurait voulu le faire lui-même mais on ne trouve pas ce genre de lavage ici. Un homme nous accueille, il finit la voiture en cours et s’occupe du van, on patiente dans la voiture en mangeant un peu. Il prend le van et le nettoie, pendant ce temps, nous nous installons sur les chaises qu’il nous propose devant la boutique et nous tentons de faire un peu d’école. Vu la quantité de sable accumulée sur le véhicule, ce lavage est plus que nécessaire.
Au final, ça sera pas long, nous payons moins que le prix annoncé, sûrement une mauvaise compréhension, mais c’est toujours agréable quand c’est dans ce sens, de plus l’homme semble ravi d’avoir des touristes comme clients.
Visite de Tanger
Nous reprenons la route pour aller déposer le van sur un grand parking au pied de la vieille ville, une fois débarrassés des « gardiens » qui réclament de l’argent et rouspètent sur le petit montant donné, nous partons visiter. C’est une grande ville donc beaucoup de monde, j’appréhende un peu mais je vais être agréablement surprise en découvrant ces rues.
Nous marchons au gré de nos envies, admirant l’architecture et les devantures des boutiques. C’est une ville très touristique, beaucoup d’Espagnols viennent y passer la journée, cela rend l’ambiance festive et même les vendeurs ambulants ne sont pas insistants, c’est agréable. Pour nos estomacs nous trouvons les fameuses crêpes que l’on aime tant et pour Bella, la jolie écharpe qu’elle souhaitait avoir en souvenir de ce pays.

Une coupe de cheveux
Passant devant un coiffeur, Najib s’arrête et demande s’il peut avoir une coupe rapidement, il s’assoit sur le canapé et attend que le coiffeur finisse avec le client précédent. Je propose à Bella de continuer à explorer la ville. Elle est d’accord qu’on se promène que les deux, c’est chouette. Nous continuons à monter la rue, attirées par une grande porte en bois, je m’avance pour la photographier, se dévoile derrière une ruelle semblant mener à un marché.
La visite du marché
Je propose à Bella de nous y faufiler, elle accepte, nous nous avançons, un homme âgé m’accoste et me dit que c’est le marché local, que je devrais aller voir l’autre. Je le remercie mais c’est exactement le local que nous souhaitons voir et non les boutiques de souvenirs. Nous nous enfonçons dans la petite ruelle bordée de stand de fruits et de fleurs, elle nous conduit à un dédale que nous parcourons.
La découverte sera chouette et le lieu me permet de faire de belles photos. De plus les gens sont souriants, certains s’arrêtent pour nous laisser faire des photos, d’autres font signe afin d’être sur les photos, cela nous fait tellement plaisir de finir le Maroc ainsi. Intriguée par le lieu, nous retournons vers Najib, je me dis qu’on fera le tour avec lui, mais il attend toujours, alors nous repartons.

Je vais aller voir l’autre lieu indiqué par l’homme mais je ne trouve que des rues avec des boutiques de souvenirs alors nous retournons dans le marché local. Nous irons explorer le lieu plus en profondeur, ce qui va nous mener aux stands de boucherie et en dernier à la poissonnerie. Le lieu est actif, beaucoup d’hommes font les achats pour le repas du soir pour rompre le ramadan, mais cela reste agréable à visiter.
Nous ne croisons que deux autres couples de touristes, une fois le tour fait, nous ressortons et rejoignons le salon de coiffure, Najib n’est plus là. Nous le retrouvons juste au-dessous au coin d’une place, une fois que nous sommes repartis, ça été son tour et ça lui a pris 15 minutes, du coup cela fait un moment qu’il nous attend. Il est tout beau avec ces cheveux courts. Nous devons y aller car on doit se présenter au minimum deux heures avant l’embarquement sur le bateau.

En direction du port
Nous retournons au van en empruntant des rues parallèles, cette ville est vraiment jolie. Nous payons le parking et prenons la route de la côte pour rejoindre le port. Nous mettons une demi-heure à admirer l’océan et les collines qui se succèdent.
Ainsi se finit notre Road Trip au Maroc entre potes et notre périple dans ce pays. Après y avoir baroudé pendant 46 jours, nous sommes heureux des lieux découverts et des paysages magnifiques.
Si tu souhaites en découvrir plus sur ce pays, voici la page où tous les articles sont réuni : Afrique
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